Grand plateau de pâtisseries marocaines, feqqas, briouat et ghriba, servi sur une table à Marrakech
Art de vivre

La pâtisserie marocaine

Cornes de gazelle, chebakia, ghriba, briouat, m'hancha : le guide des pâtisseries marocaines, quand on les mange et où les acheter à Marrakech.

7 min de lectureGuide à jour 2026

La pâtisserie marocaine tient sur trois ingrédients : l'amande, le miel et l'eau de fleur d'oranger. Une douzaine de gâteaux couvre tout ce que vous verrez en vitrine à Marrakech, chacun avec son moment dans l'année. Voici lesquels, ce qu'il y a dedans, et ce que ça coûte au kilo sur place.

Les cinq à retenir : la corne de gazelle (pâte d'amande, gâteau de mariage), la chebakia (sésame et miel, Ramadan), la ghriba (sablé craquelé, toute l'année), les briouat au miel (triangles de brick frits) et la m'hancha (spirale d'amande à partager). Comptez 60 à 300 dh le kilo selon le quartier, soit environ 6 à 28 €.

Les 12 gâteaux marocains incontournables

Les gâteaux marocains se ressemblent plus qu'il n'y paraît : presque tous reposent sur le même socle d'amande et de miel, et ce sont la forme, la texture et l'occasion qui les séparent. Le filtre ci-dessous les range par moment de l'année, parce que c'est la vraie logique marocaine : on ne sert pas une chebakia à un mariage, et on ne prépare pas de sellou en dehors du Ramadan.

  1. La corne de gazelle

    kaab el ghzalFêtes

    Un croissant de pâte très fine garni de pâte d'amande parfumée à la fleur d'oranger. C'est le gâteau au sommet de la hiérarchie marocaine, celui sur lequel on juge un pâtissier : la pâte doit être si mince qu'on devine la garniture au travers.

    Dedans : pâte d'amande, fleur d'oranger, cannelle, pâte fine à l'huile

    140 à 260 dh/kg≈ 13 à 24 €

  2. La chebakia

    mkharqaRamadan

    Une fleur de pâte torsadée à la main, frite, puis plongée brûlante dans le miel et roulée dans le sésame. Elle appartient au Ramadan et à lui seul, au point qu'on en voit peu le reste de l'année.

    Dedans : farine, graines de sésame, anis, safran, miel, eau de fleur d'oranger

    60 à 100 dh/kg≈ 6 à 9 €

  3. La ghriba

    ghoribaToute l'année

    Un petit dôme craquelé en surface, sableux dedans, décliné à l'amande, à la noix de coco ou à la semoule. La ghriba bahla, la version rustique à l'huile et à la semoule, reste la plus courante dans les maisons.

    Dedans : amandes, noix de coco ou semoule, sucre glace, œufs, levure

    70 à 120 dh/kg≈ 6 à 11 €

  4. Les briouat au miel

    briwat bel asselFêtes

    Des triangles de feuille de brick garnis d'amandes, frits puis trempés dans le miel chaud. La même forme existe en version salée à la viande ou au fromage, ce qui trompe régulièrement les visiteurs devant un plateau mixte.

    Dedans : feuilles de brick, amandes, miel, cannelle, fleur d'oranger

    120 à 200 dh/kg≈ 11 à 19 €

  5. La m'hancha

    m'hanchaFêtes

    Un boudin de pâte d'amande roulé dans la feuille de brick puis enroulé en spirale, d'où son nom de serpent. Elle se sert entière au centre de la table et se coupe en parts, contrairement aux autres gâteaux qui se picorent.

    Dedans : feuilles de brick, pâte d'amande, cannelle, miel, sucre glace

    130 à 220 dh/kg≈ 12 à 20 €

  6. Les feqqas

    fekkasToute l'année

    Des biscuits secs cuits deux fois, coupés en tranches fines, dans l'esprit d'un biscotti. Ils se gardent des semaines dans une boîte et accompagnent le thé de tous les jours plutôt que les grandes occasions.

    Dedans : farine, amandes ou raisins secs, anis, sésame, huile

    50 à 90 dh/kg≈ 5 à 8 €

  7. Le sellou

    sfoufRamadan

    Une poudre brune compacte à base de farine grillée, d'amandes et de sésame, tassée en pyramide et mangée à la cuillère. Très calorique, il se prépare pour le Ramadan et pour les femmes qui viennent d'accoucher.

    Dedans : farine grillée, amandes, sésame, miel, beurre, cannelle, anis

    90 à 150 dh/kg≈ 8 à 14 €

  8. La pastilla au lait

    jouharaFêtes

    Des feuilles de brick frites croustillantes empilées avec une crème au lait parfumée à la fleur d'oranger. Elle se monte au dernier moment et se mange tout de suite, sinon les feuilles ramollissent.

    Dedans : feuilles de brick frites, crème au lait, amandes effilées, fleur d'oranger

    40 à 90 dh la part

  9. La zlabia

    chebbakia hindiyaRamadan

    Un entrelacs de pâte frite trempé dans un sirop safrané, orange vif et franchement sucré. On la trouve au coin des rues pendant le Ramadan, vendue au poids dans du papier kraft.

    Dedans : pâte fermentée, safran, sirop de sucre, miel

    40 à 70 dh/kg≈ 4 à 6 €

  10. Les krachel

    krachelToute l'année

    De petits pains briochés à l'anis et au sésame, à peine sucrés, plus proches du goûter que du gâteau. Ils se fendent en deux pour recevoir du beurre, du miel ou de l'amlou.

    Dedans : farine, lait, anis, sésame, fleur d'oranger, un peu de beurre

    30 à 60 dh/kg≈ 3 à 6 €

  11. Les makroud

    makroutToute l'année

    Des losanges de semoule fourrés à la pâte de dattes, frits puis passés au miel. Ils viennent à l'origine de l'est du Maghreb et se sont installés dans les vitrines marocaines sans jamais devenir un gâteau de cérémonie.

    Dedans : semoule, pâte de dattes, miel, cannelle

    60 à 110 dh/kg≈ 6 à 10 €

  12. La baklawa marocaine

    baklawaFêtes

    La version marocaine du gâteau feuilleté aux fruits secs, moins sirupeuse que sa cousine orientale et souvent montée à l'amande plutôt qu'à la pistache. Elle figure sur les plateaux de mariage aux côtés des cornes de gazelle.

    Dedans : feuilles fines, amandes ou pistaches, miel, fleur d'oranger

    150 à 250 dh/kg≈ 14 à 23 €

Prix au kilo relevés à Marrakech en 2026, entre la pâtisserie de quartier et le marchand de souk. Les adresses de la Guéliz et les grandes maisons de la ville montent nettement plus haut, surtout sur les gâteaux à l'amande.

La corne de gazelle, le sommet de la hiérarchie

Kaab el ghzal veut dire cheville de gazelle, pas corne : la traduction française s'est installée par erreur et n'a jamais bougé. Le principe est simple et l'exécution redoutable. Une garniture de pâte d'amande parfumée à la fleur d'oranger, enveloppée d'une pâte étirée jusqu'à la transparence, cuite à four doux pour rester blonde. Une corne qui a coloré est ratée : la pâte durcit et perd le fondant qui fait tout l'intérêt du gâteau.

C'est le gâteau des mariages et des fiançailles, celui qu'on sort aussi quand la visite compte vraiment. Sa version dite m'fenned, roulée dans le sucre glace après cuisson, se rencontre surtout à Fès. À Marrakech, on la sert nature. Le prix suit directement le cours de l'amande, ce qui explique qu'on passe de 140 dh le kilo dans une pâtisserie de médina à plus de 250 dh à la Guéliz.

Cornes de gazelle marocaines en croissant, garnies de pâte d'amande et d'amandes concassées
La corne de gazelle se juge à la finesse de sa pâte, qui doit laisser deviner l'amande.

La chebakia, le gâteau qui annonce le Ramadan

La chebakia se reconnaît à sa forme de fleur, obtenue en pliant et retournant une bande de pâte entaillée, geste que les familles marocaines répètent par centaines dans les jours qui précèdent le mois de jeûne. La pâte est parfumée au safran, à l'anis et à la fleur d'oranger, frite, puis plongée brûlante dans le miel chaud avant d'être roulée dans le sésame grillé. C'est ce passage au miel qui lui donne son croquant collant si particulier.

Elle ne se mange presque jamais seule. Sa place est à côté de la harira au moment de la rupture du jeûne, où le sucre compense les douze heures sans manger. Voyez ce que l'on sert vraiment au ftour pour comprendre comment elle s'inscrit dans le repas. Hors Ramadan, elle disparaît presque des vitrines.

Chebakia marocaine luisante de miel et roulée dans les graines de sésame, gâteau du Ramadan
La chebakia sort du bain de miel avant d'être roulée dans le sésame grillé.

La ghriba, le sablé de tous les jours

La ghriba est le gâteau que vous croiserez le plus souvent, parce qu'il se prépare vite et se garde bien. Un petit dôme craquelé en surface, sableux à l'intérieur, décliné en trois grandes familles : à l'amande, à la noix de coco, et la ghriba bahla, la rustique, montée à la semoule et à l'huile. La bahla est la plus marocaine des trois, et la moins chère. C'est aussi celle que je trouve la meilleure, ce qui n'engage que moi.

Les craquelures ne sont pas décoratives, elles indiquent une pâte correctement dosée en matière grasse et un four assez doux. Une ghriba lisse a été trop travaillée. C'est typiquement le gâteau du goûter de dix-sept heures, avec le thé, et celui qu'on offre en boîte quand on passe chez quelqu'un sans prévenir.

Les briouat au miel, à ne pas confondre avec les salés

Les briouat sont des triangles de feuille de brick frits, garnis d'amandes à la cannelle puis trempés dans le miel. Le piège, c'est leur forme. La version salée, à la viande hachée ou au fromage, a exactement la même tête et circule souvent sur le même plateau en début de repas. Sur une table marocaine, fiez-vous au brillant du miel plutôt qu'à la forme.

Ils appartiennent au registre des fêtes et se préparent en grande quantité à l'avance, congelés crus, puis frits au dernier moment. Le reste de la gastronomie sucrée-salée marocaine suit la même logique, comme le montre la cuisine marocaine dans son ensemble, où le sucre accompagne le sel au lieu de lui succéder.

La m'hancha, le serpent d'amande

M'hancha signifie enroulé comme un serpent, et le gâteau porte bien son nom : un long boudin de pâte d'amande roulé dans la feuille de brick, puis enroulé sur lui-même en spirale et cuit au four. Elle sort dorée, saupoudrée de sucre glace et de cannelle, parfois arrosée de miel tiède.

Sa particularité est de se partager. Là où tous les autres gâteaux se picorent à la pièce, la m'hancha arrive entière au centre de la table et se coupe en parts, ce qui en fait le gâteau des repas de famille plutôt que des plateaux de vitrine. Elle est aussi la plus simple à réussir chez soi des cinq classiques, la feuille de brick évitant tout le travail d'étirage.

Le baghrir, le msemen et le sfenj ne sont pas des pâtisseries au sens marocain, même s'ils sont sucrés au miel. Ce sont des crêpes et beignets de petit déjeuner, cuits à la poêle ou frits le matin même et mangés tièdes. On les trouve du côté du petit déjeuner marocain, avec l' amlou et le beurre fondu, pas sur un plateau de gâteaux.

Les pâtisseries liées aux fêtes

Au Maroc, un gâteau a une date. Servir le mauvais au mauvais moment ne choque personne, mais cela signale immédiatement quelqu'un qui ne connaît pas les codes. Trois calendriers structurent l'année pâtissière : le Ramadan, les Aïd et les cérémonies familiales.

Le Ramadan, chebakia et sellou

C'est le moment le plus intense de l'année pour les pâtissiers. Les familles préparent la chebakia deux à trois semaines avant le début du mois, souvent à plusieurs, et en conservent des seaux entiers. Le sellou suit, avec sa farine grillée et ses amandes, prévu pour tenir au corps après une journée de jeûne. La zlabia apparaît aux coins des rues, vendue au poids dans du papier kraft.

Le ftour se construit toujours autour du même noyau : dattes, lait, harira, chebakia, œufs durs et briouat. Les prix des amandes et du miel montent nettement pendant cette période. Si vous êtes sur place à ce moment, le déroulé complet des journées se trouve dans notre page sur le Ramadan au Maroc.

Les Aïd, plateaux et visites

L'Aïd el-Fitr, qui clôt le Ramadan, est la grande fête sucrée. On se rend visite toute la journée, et chaque maison sort son plateau : cornes de gazelle, ghriba, feqqas, baklawa, avec du thé à la menthe renouvelé sans arrêt. Refuser un gâteau passe. Refuser le thé, beaucoup moins.

L'Aïd el-Kebir bascule au contraire du côté de la viande, et les pâtisseries y jouent un rôle secondaire, réduites au thé de fin de journée. Le détail du déroulement se trouve sur notre page Aïd el-Kebir.

Mariages, naissances et grandes visites

Le mariage appelle le plateau le plus coûteux : cornes de gazelle en premier, baklawa, briouat au miel et m'hancha, dressés en pyramides sur des plateaux d'argent. La quantité d'amande visible est un message social autant qu'une question de goût.

Après une naissance, c'est le sellou qui domine, préparé pour la mère parce qu'on lui prête des vertus reconstituantes. Les mêmes ingrédients reviennent, amandes, miel et matière grasse, dans une logique nourricière plus que gourmande. C'est exactement la place qu'occupe aussi l'amlou dans le sud du pays.

Où acheter de bonnes pâtisseries à Marrakech

Tout se vend au poids, et vous composez votre plateau vous-même en désignant ce que vous voulez. Le kilo est l'unité de référence, la demi-livre passe partout, et personne ne s'étonnera si vous ne prenez que deux cents grammes. Voici les fourchettes par quartier, relevées en 2026.

QuartierOù chercherCe que vous trouvezPrix au kilo
MédinaMarchands de la rue Riad Zitoun et abords des souksVente au poids, plateaux mélangés, production locale60 à 120 dh/kg
MédinaPâtisseries de quartier autour de Bab DoukkalaFournées quotidiennes, clientèle marocaine, peu de vitrine80 à 150 dh/kg
GuélizPâtisseries de l'avenue Mohammed V et de la rue de la LibertéMaisons établies, boîtes cadeaux, pâte d'amande de bonne qualité150 à 300 dh/kg
HivernageSalons de thé des hôtels et enseignes récentesPrésentation soignée, portions à l'unité, prix touristiques200 à 400 dh/kg
Sidi GhanemAteliers et boutiques d'usine de la zone industrielleGros volumes, coffrets, tarifs dégressifs90 à 180 dh/kg
Marchand pesant des pâtisseries marocaines au miel à la balance dans un souk de Marrakech
Dans les souks, la balance décide : les gâteaux se vendent au poids et se composent à la demande.

En médina, les meilleures adresses ne ressemblent à rien : une vitrine simple, deux ou trois variétés, et une fournée qui part dans la journée. C'est bon signe. Un étal qui propose quarante gâteaux différents à quelques pas des souks travaille sur du stock et vise les visiteurs de passage. À la Guéliz, les maisons installées de l'avenue Mohammed V vendent plus cher mais garantissent une vraie pâte d'amande, là où les versions bon marché la coupent à la semoule ou à l'arachide.

  • Goûtez avant d'acheter : on vous tendra un morceau sans que vous ayez à le demander, c'est l'usage.
  • Achetez le matin : les fournées sortent tôt, et ce qui reste à dix-huit heures a passé la journée à la chaleur.
  • Méfiez-vous des prix trop bas sur l'amande : sous 100 dh le kilo, une corne de gazelle n'en contient probablement pas.
  • Demandez une boîte rigide si vous prenez l'avion, elle coûte quelques dirhams et évite la bouillie de miel.
Marrakech : Cours de pâtisseries marocaines et de thé avec un habitant

Apprendre à les faire sur place

Marrakech : Cours de pâtisseries marocaines et de thé avec un habitant

2,5 heures · Chez l'habitant, Marrakech · Petit groupe · Annulation gratuite

4,7(146 avis)

Chez un habitant, on façonne les pâtisseries à la main et on apprend à préparer le thé à la menthe qui les accompagne. De quoi comprendre ce qui distingue une vraie corne de gazelle d'une copie de boutique.
  • Pâtisseries marocaines faites main
  • Préparation du thé à la menthe
  • Dégustation

À partir de

33

par personne

Réserver cette activité

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Faire ses cornes de gazelle : la recette

Comptez deux heures pour une trentaine de pièces, dont l'essentiel en façonnage. La difficulté ne vient pas des ingrédients mais de la finesse de la pâte : elle doit être étirée jusqu'à ce qu'on voie ses doigts au travers, sans se déchirer. C'est la seule vraie compétence à acquérir, et elle vient à la troisième fournée.

IngrédientQuantitéRôle
Amandes émondées en poudre250 gLa garniture, et l'essentiel du coût
Sucre glace125 gSucre la pâte d'amande sans la rendre granuleuse
Eau de fleur d'oranger3 c. à soupeLe parfum caractéristique du kaab el ghzal
Cannelle1 c. à caféArrondit l'amande, à doser légèrement
Beurre fondu30 gLie la garniture et la rend malléable
Farine250 gLa pâte enveloppante, travaillée très fine
Huile neutre3 c. à soupeRend la pâte souple et étirable sans la casser
Eau tiède10 cl environÀ ajuster, la farine ne boit jamais pareil
  1. Préparer la pâte d'amande

    10 min

    Mélangez la poudre d'amandes, le sucre glace et la cannelle, puis ajoutez le beurre fondu et l'eau de fleur d'oranger. Travaillez à la main jusqu'à obtenir une pâte homogène qui tient sans coller. Si elle s'effrite, ajoutez une cuillère de fleur d'oranger, pas d'eau.

  2. Former les boudins

    15 min

    Roulez la pâte d'amande en boudins fins d'environ un centimètre de diamètre, puis coupez des tronçons de six centimètres. Effilez les deux extrémités entre les doigts pour obtenir une forme de fuseau. C'est cette forme qui donnera la pointe de la corne.

  3. Pétrir la pâte enveloppante

    12 min

    Mélangez la farine, l'huile et une pincée de sel, puis versez l'eau tiède petit à petit. Pétrissez une dizaine de minutes, jusqu'à une pâte lisse et très souple qui s'étire sans se déchirer. Laissez-la reposer sous un torchon pendant trente minutes.

  4. Abaisser au plus fin

    20 min

    Étalez la pâte au rouleau puis à la main, jusqu'à voir vos doigts au travers. C'est l'étape qui fait toute la différence entre une corne de gazelle et un gâteau à l'amande ordinaire. Travaillez par petites portions et gardez le reste couvert.

  5. Garnir et découper

    15 min

    Posez les fuseaux d'amande espacés sur la bande de pâte, rabattez la pâte dessus, chassez l'air avec le tranchant de la main et découpez à la roulette en laissant un demi-centimètre de bordure. Soudez bien les bords, une corne mal fermée s'ouvre au four.

  6. Courber et piquer

    8 min

    Recourbez chaque pièce en croissant et posez-la sur une plaque garnie de papier cuisson. Piquez le dessus une ou deux fois avec une aiguille pour laisser la vapeur s'échapper, sinon la pâte gonfle et se fend.

  7. Cuire à four doux

    12 min

    Enfournez à 170 °C pendant une douzaine de minutes. Les cornes doivent rester blondes, presque blanches : dès qu'elles colorent, la pâte durcit et perd son fondant. Surveillez à partir de la dixième minute.

  8. Laisser refroidir

    Sortez la plaque et laissez refroidir complètement sur une grille avant de manipuler les cornes, encore fragiles à la sortie du four. Elles se conservent une bonne semaine dans une boîte hermétique, et se congèlent très bien crues.

Les deux erreurs qui reviennent : une pâte trop épaisse, qui donne un gâteau bourratif au lieu d'une enveloppe presque invisible, et un four trop chaud. Les cornes doivent rester blondes. Dès qu'elles brunissent, la pâte se rigidifie et le contraste avec la pâte d'amande disparaît.

Thé à la menthe versé de haut dans un verre marocain, servi avec une chebakia et une ghriba
Le thé à la menthe accompagne les gâteaux du goûter, jamais la fin du repas.

Questions fréquentes

Quel est le gâteau marocain le plus connu ?+

La corne de gazelle, kaab el ghzal en arabe marocain, ce qui signifie littéralement cheville de gazelle. C'est un croissant de pâte très fine garni de pâte d'amande à la fleur d'oranger, servi aux mariages, aux fêtes religieuses et à chaque fois qu'on veut honorer un invité. Sa réputation tient à la finesse de sa pâte, qui doit laisser deviner la garniture, et c'est sur ce détail qu'on juge un pâtissier au Maroc.

Combien coûte un kilo de pâtisseries à Marrakech ?+

Comptez 60 à 120 dirhams le kilo chez un marchand de souk ou une pâtisserie de quartier, soit environ 6 à 11 euros, et 150 à 300 dirhams le kilo dans les maisons de la Guéliz, soit 14 à 28 euros. L'écart vient presque entièrement de la quantité d'amande : une chebakia au sésame coûte trois fois moins cher qu'une corne de gazelle. Dans les salons de thé de l'Hivernage, les prix montent au-delà de 300 dirhams le kilo.

Quelles sont les pâtisseries marocaines les plus courantes ?+

Une dizaine de gâteaux couvrent l'essentiel de ce qu'on voit en vitrine : les cornes de gazelle, la chebakia, les ghriba, les briouat au miel, la m'hancha, les feqqas, le sellou, la pastilla au lait, la zlabia, les krachel, les makroud et la baklawa marocaine. Presque tous reposent sur le même trio d'ingrédients, l'amande, le miel et la fleur d'oranger, ce qui donne à l'ensemble une parenté de goût immédiatement reconnaissable.

Quels sont les desserts typiques du Maroc ?+

Le repas marocain se termine rarement sur un dessert au sens français. On sert des fruits frais de saison, oranges à la cannelle en hiver, melon ou raisin en été, puis le thé à la menthe accompagné de gâteaux. Les pâtisseries se mangent donc surtout au goûter, vers dix-sept heures, et lors des fêtes, pas en fin de repas. La pastilla au lait fait exception et se présente parfois en dessert de cérémonie.

Quelle est la différence entre pâtisserie marocaine et pâtisserie orientale ?+

La pâtisserie orientale est une étiquette commerciale française qui regroupe le Maghreb, la Turquie et le Levant sous un même nom. La pâtisserie marocaine a ses propres codes : elle tourne autour de l'amande plutôt que de la pistache, utilise l'eau de fleur d'oranger là où le Levant emploie l'eau de rose, et sucre au miel plutôt qu'au sirop épais. La chebakia, le sellou et le kaab el ghzal n'existent qu'au Maroc.

Peut-on ramener des pâtisseries marocaines en avion ?+

Oui, ce sont des solides et ils passent sans problème en bagage cabine comme en soute. Privilégiez les gâteaux secs, feqqas, ghriba et cornes de gazelle, qui supportent le voyage et se gardent une à deux semaines. Évitez tout ce qui dégouline de miel, chebakia et briouat en tête, qui colle à la boîte et souffre de la chaleur. Les pâtissiers de la Guéliz vendent des coffrets rigides pensés pour ça.

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