L'immense esplanade en ruines du Palais El Badi à Marrakech, bordée de hauts murs de pisé et de bassins

Le Palais El Badi à Marrakech :
les ruines saadiennes

Le Palais El Badi est l'un des monuments les plus impressionnants de Marrakech : une immense ruine saadienne du XVIe siècle, où de hauts murs de terre, des esplanades et des cigognes perchées remplacent le faste d'autrefois. Ce guide va droit au but : ce qu'on y voit, son histoire, les billets, les horaires et comment le rejoindre dans la médina.

L'essentiel : entrée à 100 MAD (≈ 10 €, 30 MAD pour les enfants), ouvert tous les jours de 9h à 17h, dans la médina sud (quartier Ksibat Nhass). Comptez 1 heure de visite. On vient pour les ruines monumentales, les terrasses et les cigognes.

Le Palais El Badi en bref

El Badi signifie « l'Incomparable », l'un des quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu dans l'islam. Le nom disait tout du projet : bâtir le plus somptueux des palais. Cinq siècles plus tard, il n'en reste qu'une carcasse grandiose, et c'est justement ce qui fait sa force. Là où le Palais de la Bahia se visite pour ses décors intacts, El Badi se visite pour sa démesure et son histoire de splendeur perdue.

Concrètement, on entre dans une esplanade colossale à ciel ouvert, rythmée de bassins et de jardins plantés en contrebas, cernée de murs de pisé de plusieurs mètres. On monte sur les terrasses pour dominer la médina et le quartier de la kasbah, on descend dans les souterrains, et on lève les yeux vers les cigognes qui nichent sur les remparts. C'est l'un des monuments historiques les plus photogéniques de la ville, et l'un des rares où l'on ressent physiquement l'échelle du pouvoir saadien.

Histoire : la splendeur saadienne d'Ahmed al-Mansour

Tout commence en 1578. Le sultan saadien Ahmed al-Mansour vient de remporter la bataille des Trois Rois contre les Portugais, une victoire retentissante qui lui vaut son surnom, « le Doré ». Fort de cette gloire et des rançons versées pour les prisonniers, il lance la construction d'un palais destiné à célébrer sa puissance et à recevoir les ambassadeurs. Le chantier dure environ vingt-cinq ans.

Le résultat est à la hauteur de l'ambition. On raconte qu'al-Mansour fait venir du marbre d'Italie, échangé, dit la légende, contre son poids en sucre. Il ajoute l'or, l'onyx, l'ivoire et les zelliges les plus fins. Le palais aurait compté des centaines de pièces, une cour immense avec un grand bassin et des pavillons somptueux, dont le fameux Koubba el-Khamsiniya. Pendant quelques décennies, El Badi est le décor des grandes réceptions de la dynastie saadienne, au sommet de sa richesse tirée du commerce de l'or et du sucre.

La chute est brutale. À la fin du XVIIe siècle, le sultan alaouite Moulay Ismaïl, qui installe sa capitale à Meknès, fait démanteler le palais. Pendant une dizaine d'années, on arrache le marbre, l'or et les matériaux précieux pour les réemployer ailleurs. Il ne subsiste que la structure de terre : les murs, les fondations, l'esplanade. C'est ce squelette monumental que l'on visite aujourd'hui, et il en dit long sur ce que fut la grandeur de Marrakech. Pour replacer tout cela dans le récit de la ville, notre page sur l' histoire de Marrakech remet les dynasties en perspective.

Que voir : esplanade, terrasses, cigognes et minbar

Cigognes blanches et leurs nids perchés sur les hauts murs de pisé du Palais El Badi à Marrakech
Les cigognes nichent sur les remparts de terre du palais, image emblématique du site.

La visite se fait à pied, en plein air. Voici ce qu'il ne faut pas manquer :

  • L'esplanade centrale et ses bassins : une cour gigantesque à ciel ouvert, ponctuée de grands bassins et de jardins d'orangers en contrebas. C'est le cœur du palais, celui qui donne la mesure de sa taille.
  • Les terrasses panoramiques : on monte sur les hauts murs pour embrasser du regard la médina, les toits de la kasbah et, par temps clair, les cimes de l'Atlas. Le meilleur point de vue du site.
  • Les cigognes : perchées sur les remparts, elles font partie du décor. Leurs nids couronnent les murs de terre et offrent des photos saisissantes.
  • Le minbar de la Koutoubia : la chaire à prêcher d'origine de la grande mosquée Koutoubia, un chef-d'œuvre de marqueterie du XIIe siècle, est exposée dans un pavillon dédié. Une pièce d'art à part entière.
  • Les souterrains et les vestiges : passages et salles enterrées se parcourent au niveau bas, entre les fondations. Une plongée dans les coulisses du palais.
  • Les nids de la médina en toile de fond : depuis les hauteurs, on comprend d'un coup d'œil la place du palais dans le tissu de la vieille ville.

Ce qui frappe, c'est le contraste entre le vide monumental des ruines et l'idée du faste qui régnait ici. Pas de plafonds peints ni de zelliges intacts comme à la Bahia : à El Badi, on lit la puissance dans l'échelle, dans la hauteur des murs et l'étendue de l'esplanade. C'est un monument qui se ressent autant qu'il se regarde.

Billets, horaires et accès

El Badi est un monument public, géré par le ministère de la Culture au titre du patrimoine. Le billet s'achète au guichet sur place ou en ligne sur le portail de billetterie du ministère, pratique en haute saison. Voici les informations à connaître avant de venir :

InfoDétail
Tarif d'entrée100 MAD (≈ 10 €) adulte, 30 MAD enfant (7-13 ans)
Horairestous les jours, de 9h à 17h
Durée de visiteenviron 1 heure
Quartiermédina sud, Ksibat Nhass (près de la kasbah)
Billetau guichet ou en ligne sur le portail du ministère de la Culture
À ne pas manquerles terrasses, les cigognes, le minbar de la Koutoubia

Les horaires et le tarif exacts sont affichés à l'entrée et peuvent varier selon la saison, les jours fériés et le Ramadan (fermeture plus tôt). Le site étant en grande partie à ciel ouvert, prévoyez un chapeau et de l'eau aux beaux jours, et un peu de monnaie en dirhams pour l'entrée.

Côté accès : le palais se situe dans la médina sud, quartier Ksibat Nhass, à environ 900 mètres au sud de la place Jemaa el-Fna, près de la kasbah et des tombeaux saadiens. On y va facilement à pied depuis la place, en descendant la rue Riad Zitoun el Kdim, ou en petit taxi (précisez « Palais El Badi, Ksibat Nhass »). Les ruelles de la médina étant étroites, la marche reste souvent le plus simple.

Visite guidée du Palais El Badi

Visites guidées et billets combinés avec les monuments voisins de la médina, réservables en ligne pour ne pas perdre de temps sur place et profiter du récit historique.

Voir les visites

Combiner avec la Bahia et la médina

El Badi se visite rarement seul. Le palais est à quelques minutes à pied du Palais de la Bahia, et les deux forment le duo idéal d'une matinée dans la médina sud : la ruine saadienne du XVIe siècle d'un côté, le palais du XIXe encore debout de l'autre. À cinq siècles d'écart, ils racontent tous deux le goût marrakchi pour l'architecture de pouvoir.

  • El Badi + la Bahia : les deux grands palais en une demi-journée, à dix minutes de marche l'un de l'autre.
  • Les tombeaux saadiens : tout proches, dans le quartier de la kasbah, ils prolongent le récit de la même dynastie.
  • La place Jemaa el-Fna et les souks : en remontant vers le nord, on enchaîne avec le cœur vivant de la médina et les souks.
  • Un jardin secret : pour souffler, le Jardin Secret offre une pause verte à deux pas.

Le bon moment pour visiter dépend aussi de la saison : le site étant à ciel ouvert, mieux vaut éviter les grosses chaleurs. Pour savoir quand le climat de Marrakech est le plus agréable, consultez quand partir à Marrakech. Et pour d'autres idées de visites, retrouvez tout sur que faire à Marrakech.

Questions fréquentes

Que reste-t-il du Palais El Badi à Marrakech ?+

Il reste principalement des ruines majestueuses : de hauts murs de pisé, une immense esplanade rythmée de bassins et de jardins en contrebas, des pavillons éventrés et des passages souterrains. Le palais a été dépouillé de ses marbres, de son or et de ses zelliges à la fin du XVIIe siècle. Ce qu'on visite aujourd'hui, ce sont ces vestiges monumentaux, qui donnent une idée de la démesure du lieu à son apogée. Le célèbre minbar de la Koutoubia y est aussi exposé dans un pavillon dédié.

Peut-on voir les cigognes au Palais El Badi ?+

Oui. Les cigognes blanches nichent souvent sur les hauts murs et les tours du palais, où elles construisent de gros nids bien visibles. C'est même l'une des images les plus reconnaissables du site : ces grands oiseaux perchés sur les remparts de terre, au-dessus des ruines. On les observe toute l'année, avec une présence plus marquée au printemps, en période de nidification. Les terrasses du palais offrent le meilleur point de vue pour les photographier.

Combien de temps faut-il pour visiter le Palais El Badi ?+

Comptez environ 1 heure pour faire le tour tranquillement : l'esplanade centrale et ses bassins, les jardins en contrebas, les terrasses panoramiques d'où l'on domine la médina, et les souterrains. Le site est vaste mais se parcourt à pied sans difficulté. Si vous prenez le temps de monter sur les terrasses, d'observer les cigognes et de regarder le minbar de la Koutoubia de près, prévoyez plutôt 1h15 à 1h30.

Quel est le prix d'entrée au Palais El Badi ?+

L'entrée coûte 100 MAD (environ 10 €) pour un adulte étranger, et 30 MAD pour les enfants de 7 à 13 ans. Les Marocains et résidents bénéficient d'un tarif réduit. Le billet s'achète au guichet sur place ou en ligne sur le portail de billetterie du ministère de la Culture. Le tarif exact est affiché à l'entrée et peut évoluer, donc gardez un peu de monnaie en dirhams sur vous.

Quel palais visiter à Marrakech : El Badi ou la Bahia ?+

Les deux racontent une histoire différente et se complètent bien. Le Palais El Badi est une ruine saadienne monumentale du XVIe siècle, à ciel ouvert, spectaculaire pour ses volumes et ses terrasses. Le Palais de la Bahia, lui, est un palais du XIXe siècle encore debout, que l'on visite pour ses cours, ses patios plantés et ses plafonds peints. El Badi impressionne par la démesure et l'histoire, la Bahia par le raffinement des décors. Ils sont proches l'un de l'autre dans la médina : le mieux est de voir les deux.

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