
Marrakech : palais El Badi et Bahia, quartier juif et vieille ville
- 4 h
- Annulation gratuite
- Prise en charge à l'hôtel
4,9(9 avis)

Le Mellah, quartier juif de Marrakech : synagogue Slat Al Azama, cimetière juif, souk aux épices, histoire depuis 1558 et visite aujourd'hui.
Le Mellah est le quartier juif de Marrakech, créé en 1558 au sud-est de la médina, contre le palais royal. On y visite la synagogue Slat Al Azama, le cimetière de Miâara et le souk aux épices, le tout à pied en moins de deux heures.
L'essentiel : le Mellah est à 15 minutes à pied de Jemaa el-Fna, collé au palais de la Bahia. Comptez 1h30 à 2h de visite. La synagogue coûte 10 MAD et ouvre du dimanche au vendredi. Le samedi, la synagogue et le cimetière sont fermés.
Le quartier se parcourt en boucle, dans cet ordre : on entre par la place, on traverse le marché, on s'enfonce dans les derbs jusqu'à la synagogue et on finit au cimetière, à la lisière est. Cliquez sur une étape pour voir ce qu'il y a sur place, le temps à prévoir et le prix.
Étape 1 sur 4
L'ancien cœur commerçant du Mellah, où les artisans travaillaient le fer-blanc. C'est aujourd'hui une place piétonne, bordée de cafés.
Le Mellah a compté jusqu'à 35 synagogues, presque toutes logées dans des maisons particulières. Sur les trois qui subsistent, Slat Al Azama, qu'on appelle aussi Lazama, est la seule qui se visite. Son nom rappelle les exilés d'Espagne, et la tradition fixe sa fondation à 1492, sans preuve écrite. Passé la porte, on découvre un patio bleu et blanc, une salle de prière aux zelliges et une galerie réservée aux femmes, ajoutée après les années 1950, un aménagement rare au Maroc. Les pièces autour de la cour accueillent une petite exposition sur la vie juive marocaine : photos de familles, objets de culte, costumes. Les offices y sont devenus rares.
Le cimetière de Miâara est le plus grand cimetière juif du pays, avec plus de 20 000 tombes. Les stèles blanches s'alignent sur un sol de terre sèche, sans arbres. Des mausolées de rabbins bordent le périmètre : on y célèbre encore des hiloulot, pèlerinages annuels sur la tombe d'un saint, qui ramènent à Marrakech des familles installées en Israël, en France ou au Canada. On y parle bas. Un gardien, qui vit sur place, en assure l'entretien avec la communauté.
Le souk aux épices du marché couvert est le plus ancien marché du quartier. Les sacs de safran, de cumin et de ras-el-hanout s'y vendent au poids, et les herboristes ont aussi du henné, de l'eau de rose et du savon noir. Juste à côté, le souk El Bahja vend de l'artisanat : paniers, bois sculpté, lampes en fer forgé.

La place des Ferblantiers, ancien cœur du quartier, doit son nom aux artisans du fer-blanc qui y fabriquaient casseroles, bassines et lanternes. Elle a été entièrement restaurée et piétonnisée : des cafés la bordent, et c'est un bon endroit pour boire un thé entre deux visites.

4,9(9 avis)
Le Mellah occupe le sud-est de la médina, à l'intérieur des remparts. Il touche le palais de la Bahia au nord et le palais El Badi à l'ouest : les Saadiens l'avaient installé contre la kasbah, sous la protection du sultan.
Le Mellah n'est qu'une partie de la vieille ville. Pour l'ambiance générale, les souks du nord et la vie dans les riads, voyez notre guide de la Médina de Marrakech.
En 1558, le sultan saadien Abdallah al-Ghalib fait regrouper les Juifs de Marrakech dans un quartier fermé, accolé à la kasbah. Le Mellah a une double fonction : il protège une communauté au statut de dhimmi, et il la tient à part du reste de la ville. Les historiens ne donnent pas tous la même date : Michel Abitbol situe le début du transfert en 1557, Colette Zytnicki parle d'une construction en 1567. La frise ci-dessous indique la source de chaque date quand elles divergent.
1492
Chassés de la péninsule Ibérique, les Juifs séfarades, les megorashim, s'installent en nombre dans les villes marocaines et se mêlent aux communautés juives locales, les toshavim.
1557-1558
Le souverain saadien regroupe les Juifs de la ville dans un quartier clos de murs, accolé à la kasbah côté est, près du palais royal. 1558 est la date du décret le plus souvent retenue.
Source : Wikipédia (décret de 1558). Michel Abitbol fait commencer le transfert en 1557
1639
Le nom est emprunté au mellah de Fès, le plus ancien du pays. Celui de Marrakech est le deuxième.
Source : Michel Abitbol, cité par Wikipédia
XVIe et XVIIe siècles
Le Mellah est l'un des principaux quartiers marchands de la ville. Ses portes ferment le soir. Des marchands chrétiens et des ambassadeurs européens préfèrent y loger pendant leurs séjours.
1852-1853
La construction d'une mosquée pour le quartier voisin de Berrima entraîne l'extension du Mellah vers l'est. Son plan actuel date de cette époque.
Fin des années 1940
Près de 40 000 personnes vivent dans le quartier selon les estimations, entassées dans un espace resté presque le même depuis le XIXe siècle.
1948 à 1973
La création d'Israël (1948), l'indépendance du Maroc (1956) puis les guerres de 1967 et de 1973 déclenchent des vagues d'émigration, surtout vers Israël, puis vers la France et Montréal.
Années 1990
Le quartier est rebaptisé Essalam, « la paix » en arabe.
2016-2017
Le roi Mohammed VI ordonne la restauration des maisons, des rues et des synagogues, et rend aux rues leurs anciens noms. Début 2017, le quartier retrouve officiellement son nom d'El Mellah.
8 septembre 2023
Des maisons anciennes du Mellah et la synagogue Slat Al Azama sont endommagées. Aucune victime n'est signalée à la synagogue.
Du XVIe au XXe siècle, le quartier traverse la peste, les crises économiques et des épisodes de violence, et il continue de grandir. Au XIXe siècle, les Juifs des villages de l'Atlas viennent grossir sa population et font de Marrakech l'une des plus grandes communautés juives du Maroc. Il devient surpeuplé. En 1954, l'écrivain Elias Canetti, futur prix Nobel, consacre un chapitre des Voix de Marrakech à sa visite du Mellah.
À partir de 1948, les départs se succèdent, vers Israël d'abord, puis vers la France et Montréal. En deux décennies, le quartier se vide de la quasi-totalité de ses habitants juifs, et des familles musulmanes s'installent dans les maisons. Pour replacer les Saadiens dans la longue histoire de la ville, voyez notre page sur l'histoire de Marrakech.
Le Mellah est aujourd'hui un quartier populaire, habité presque uniquement par des familles musulmanes. On y fait ses courses au marché couvert : fruits, légumes, volailles, épices. Les ateliers de ferronnerie, de couture et de bijouterie travaillent encore dans les ruelles autour de la place. Loin des souks du nord, le quartier accueille surtout des gens du coin, et beaucoup moins de touristes.
La restauration lancée en 2016 a changé l'allure du quartier : façades reprises, place refaite, rues qui ont retrouvé leurs anciens noms liés au patrimoine juif. Le patrimoine juif fait partie de l'identité nationale : la Constitution de 2011 cite l'affluent hébraïque parmi les composantes de l'identité marocaine. Notre page sur la culture marocaine revient sur cette pluralité.
La communauté juive de Marrakech est aujourd'hui réduite : entre une centaine et environ 200 personnes selon les estimations, dont quelques dizaines seulement dans le Mellah. Le quartier se remplit à nouveau lors des pèlerinages, quand des descendants de familles marrakchies viennent se recueillir à Miâara. Le séisme du 8 septembre 2023 a endommagé des maisons anciennes et la synagogue.

Le Mellah fait partie des secteurs les moins chers de la médina. Les petits logements s'y louent dans le bas de la fourchette de la vieille ville, à partir de 2 500 MAD par mois environ, et les riads à rénover s'y achètent moins cher qu'à Mouassine ou près de Jemaa el-Fna. Le quartier plaît aux budgets serrés et à ceux qui veulent une vie de quartier marocaine, loin du flux des touristes.
Pour comparer avec les autres quartiers, loyers et prix au m² compris, voyez notre page sur les quartiers de Marrakech, et pour un projet d'achat, le guide pour acheter un riad.
La synagogue et le cimetière restent des lieux de culte et de mémoire. Quelques règles simples :
La matinée idéale : le palais El Badi à l'ouverture, la place des Ferblantiers pour le thé, le souk aux épices, la synagogue vers 10h30, le cimetière, puis le palais de la Bahia avant midi. Un dimanche ou un jeudi, tout est ouvert.
Oui. La synagogue Slat Al Azama, dans le Mellah, est ouverte aux visiteurs du dimanche au jeudi de 9h à 19h et le vendredi de 9h à 18h, pour 10 MAD. Elle est fermée le samedi et les jours de fêtes juives. Épaules et genoux couverts. On peut demander aux hommes de se couvrir la tête. L'entrée se trouve derb Manchoura, derrière une porte discrète.
Oui, mais elle est très réduite. Les estimations donnent entre une centaine et environ 200 personnes à Marrakech, et seulement quelques dizaines dans le Mellah même, contre près de 40 000 habitants à la fin des années 1940. À l'échelle du Maroc, la communauté compte environ 2 000 personnes, surtout à Casablanca. La ville reste un lieu de pèlerinage : chaque année, des descendants de familles marrakchies reviennent se recueillir au cimetière de Miâara.
Dans le sud-est de la médina, entre le palais El Badi et le palais de la Bahia. Depuis Jemaa el-Fna, comptez 15 minutes à pied par la rue Riad Zitoun el-Jdid. En petit taxi, demandez la place des Ferblantiers ou le palais de la Bahia.
Une heure et demie à deux heures suffisent pour la place des Ferblantiers, le souk aux épices, la synagogue et le cimetière. Ajoutez une heure si vous enchaînez avec le palais de la Bahia, qui touche le quartier. Évitez le samedi : la synagogue et le cimetière sont fermés.
Le mot désigne le quartier juif d'une ville marocaine. L'explication la plus répandue le rattache au sel (*melh* en arabe) : le premier mellah, à Fès, aurait été bâti sur un ancien lieu de stockage du sel. Marrakech a donné ce nom à son propre quartier juif au XVIIe siècle.

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