Marchand d'épices dans un souk de Marrakech tendant un sachet par-dessus son étal

La darija :
lexique de l'arabe marocain

La darija est l'arabe parlé au Maroc, la langue de la rue et du souk. Personne n'attend de vous que vous la maîtrisiez, et une dizaine de mots suffisent à changer complètement la façon dont on vous parle. Voici le lexique, classé par situation, avec la prononciation.

Les 8 mots qui suffisent : salam (bonjour), choukran (merci), 3afak (s'il te plaît), wakha (d'accord), bch'hal (combien), ghali bezzaf (trop cher), safi (ça suffit) et bslama (au revoir). Avec ça, vous tenez une transaction entière au souk.

Le lexique darija, mot par mot

Tapez un mot en français ou en darija, ou filtrez par situation. La colonne Prononcez découpe le mot en syllabes lisibles pour un francophone : lisez-la à voix haute, elle vous rapproche plus du son réel que la transcription latine.

Lexique darija · 130 mots

FrançaisDarijaPrononcezعربية
La paix sur toi (salutation)salam alaykoumsa-lam a-lay-koumالسلام عليكم
Et sur toi la paix (la réponse)wa alaykoum salamwa a-lay-koum sa-lamوعليكم السلام
Salut (version courte)salamsa-lamسلام
Bonjour (le matin)sbah lkhirsbah l-khirصباح الخير
Bonsoirmsa lkhirmsa l-khirمساء الخير
Ça va ?labas ?la-bassلاباس
Ça va, Dieu mercilabas, hamdoullahla-bass, ham-dou-lahلاباس الحمد لله
Comment vas-tu ? (à un homme)kidayr ?ki-dayrكي داير
Comment vas-tu ? (à une femme)kidayra ?ki-day-raكي دايرة
Bienvenuemarhbamarh-baمرحبا
Au revoirbslamab-sla-maبسلامة
À bientôtnchoufek men be3dn-chou-fek men baadنشوفك من بعد
Bonne nuittsbah 3la khirts-bah a-la khirتصبح على خير
Comment tu t'appelles ?chnou smitek ?ch-nou smi-tekشنو سميتك
Je m'appelle...smiti...smi-tiسميتي
Enchantémtcharrfinmt-char-fineمتشرفين
Mercichoukranchou-kranشكرا
Merci beaucoupchoukran bezzafchou-kran bez-zafشكرا بزاف
Que Dieu te bénisse (merci chaleureux)barakalaoufikba-ra-ka-la-ou-fikبارك الله فيك
De rienbla jmilbla j-milبلا جميل
S'il te plaît3afaka-fakعافاك
Pardon / excuse-moismehlismeh-liسمح ليا
Ouiiyehi-yehايه
Nonllallaلا
D'accordwakhawa-khaواخا
Si Dieu le veutinchallahin-cha-lahإن شاء الله
Dieu mercihamdoullahham-dou-lahالحمد لله
Pas de problèmemachi mouchkilma-chi mouch-kilماشي مشكل
Je ne comprends pasma fhemtchma fhem-tchما فهمتش
Tu parles français ?kathder francawiya ?kat-hder fran-sa-wiyaكتهضر فرنساوية
Je ne parle pas arabema kanhderch l3arbiyama kan-hder-ch l-ar-biyaما كنهضرش العربية
Répète, s'il te plaît3awd 3afakaoud a-fakعاود عافاك
Doucementbchwiyab-chwi-yaبشوية
Ça suffit / c'est bonsafisa-fiصافي
Allons-y / au boulotyallahya-lahيالله
Bon courage (que Dieu t'aide)allah y3awneka-lah i-aa-wnekالله يعاونك
Félicitationsmabroukma-broukمبروك
Bon voyagetriq salamatrik sa-la-maطريق السلامة
Combien ça coûte ?bch'hal ?bch-halبشحال
C'est trop cherghali bezzafgha-li bez-zafغالي بزاف
Baisse un peu le prixna9es chwiyana-ques chwi-yaنقص شوية
C'est ton dernier prix ?akhir taman ?a-khir ta-manآخر ثمن
Je regarde seulementghir kanchoufghir kan-choufغير كنشوف
Non mercilla choukranlla chou-kranلا شكرا
Je le prendsghadi nakhdougha-di nakh-douغادي ناخدو
Je veuxbghitb-ghitبغيت
Je ne veux pasma bghitchma bghi-tchما بغيتش
Donne-moi3tinia-ti-niعطيني
Argentflousfloussفلوس
Bon marchérkhisr-khissرخيص
Beaucoup / tropbezzafbez-zafبزاف
Un peuchwiyachwi-yaشوية
Cadeauhdiyah-di-yaهدية
Boutiquehanoutha-noutحانوت
Cuirjeldjeldجلد
Tapiszerbiyazer-bi-yaزربية
Épicesl3atriyal-a-tri-yaالعطرية
Eaulmal-maالما
Painkhobzkhobzخبز
Théataya-tayأتاي
Café9ahwaqah-waقهوة
Sucresokkarsok-karسكر
Sans sucrebla sokkarbla sok-karبلا سكر
Peu de sucreb'chwiya dyal sokkarb-chwi-ya dial sok-karبشوية ديال السكر
Viandelhaml-hamاللحم
Pouletdjajd-jajدجاج
Poissonhouthoutحوت
Légumeskhodrakhod-raخضرة
Fenouilnafa3na-faنافع
Menthena3na3naa-naaنعناع
Selmelhamel-haملحة
L'additionlhsabl-hsabالحساب
C'est délicieuxbnin bezzafb-nin bez-zafبنين بزاف
Je suis rassasiéchb3itchb-aitشبعيت
Chaudskhouns-khounسخون
Froidbaredba-redبارد
Bien / bonmezyanmez-yanمزيان
Pas bienmachi mezyanma-chi mez-yanماشي مزيان
Beau / jolizwinzwinزوين
Aujourd'huilyouml-youmاليوم
Demaingheddaghed-daغدا
Hierlbarehl-ba-rehالبارح
Maintenantdabada-baدابا
Maisondardarدار
Mon amisahbisah-biصاحبي
Attendstsennatsen-naتسنى
Il n'y a pasmakaynchma-kayn-chما كاينش
Il y akaynkaynكاين
Les toilettesbit lmabit l-maبيت الما
Le code du wificode dyal wifikod dial wi-fiكود ديال ويفي
Fermémsdoudms-doudمسدود
Ouvertmhloulmh-loulمحلول
Unwahedwa-hedواحد
Deuxjoujjoujجوج
Troistlatat-la-taتلاتة
Quatrereb3areb-aaربعة
Cinqkhamsakham-saخمسة
Sixsettaset-taستة
Septseb3aseb-aaسبعة
Huittmnyatem-nyaتمنية
Neuftes3oudtes-oudتسعود
Dix3achraach-raعشرة
Vingt3achrinach-rineعشرين
Cinquantekhamsinkham-sineخمسين
Centmyam-yaمية
Millealfalfألف
Dirhamderhemder-hemدرهم
Rial (unité de comptage, 1 dirham = 20 rials)riyalri-yalريال
Où est... ?fin kayn... ?fine kaynفين كاين
Tout droitnichanni-chanنيشان
À droite3al limenal li-menعلى اليمن
À gauche3al liseral li-serعلى ليسر
Arrête-toi iciw9ef hnaw-qef h-naوقف هنا
Le compteur, s'il te plaîtl'contour 3afakl-kon-tour a-fakالكونتور عافاك
Loinb3idb-idبعيد
Proche9ribq-ribقريب
La garelagarela-garلاݣار
L'aéroportlmatarl-ma-tarالمطار
La place Jemaa el-Fnajam3 lfnajam-aa l-fnaجامع الفنا
La médinalmdina l9dimal-mdi-na l-qdi-maالمدينة القديمة
Combien pour aller à... ?bch'hal l... ?bch-hal lبشحال ل
Aide-moi3awennia-wen-niعاوني
Médecintbibt-bibطبيب
Pharmaciefarmasyanfar-ma-syanفرماسيان
Hôpitalsbitarsbi-tarسبيطار
J'ai mal icikaydorni hnakay-dor-ni h-naكيضرني هنا
Policeboulisbou-lissبوليس
Je suis perdutwedderttou-eddertتوضرت
Laisse-moi tranquillesift 3liyasift a-li-yaصيفط عليا
Appelle un médecin3ayet l'tbiba-yet l-tbibعيط للطبيب

La darija n'a pas d'orthographe latine officielle : les graphies varient d'un Marocain à l'autre. Le chiffre 3 note le ع, le 9 note le ق, le 7 note le ح.

Les mots de base : bonjour, merci, au revoir

La salutation marocaine tient en plusieurs répliques enchaînées. On commence par salam alaykoum, on reçoit wa alaykoum salam, et on enchaîne aussitôt sur labas ? Ce « ça va ? » n'attend pas de réponse détaillée : on répond labas, hamdoullah et l'échange peut commencer. Sauter cette étape pour aller directement à sa question passe pour de la brusquerie.

Entre jeunes, dans un taxi ou dans une boutique, la version courte salam suffit largement. Le matin, vous entendrez sbah lkhir, le soir msa lkhir. Pour prendre congé, bslama fonctionne partout, et tsbah 3la khir sert de bonne nuit.

Pour remercier, vous avez deux niveaux. Choukran est le merci standard, correct en toutes circonstances. Barakalaoufik veut dire « que Dieu te bénisse » et remercie avec beaucoup plus de chaleur ; c'est celui à sortir face à une personne âgée ou quand quelqu'un vous a réellement rendu service. Les deux se répondent par bla jmil.

Le piège du tutoiement. La darija ne distingue pas le tu du vous comme le français. La politesse ne passe pas par une forme verbale mais par les formules religieuses et par le ton. Dire 3afak à un vendeur n'a rien de familier, c'est simplement « s'il vous plaît ».

La politesse et les formules religieuses

Trois expressions reviennent en boucle dans une journée marocaine, et elles déroutent souvent les visiteurs parce qu'elles n'ont pas d'équivalent direct en français. Elles ne sont pas réservées aux pratiquants : elles font partie du tissu de la langue, au même titre que « mon Dieu » ou « adieu » en français.

  • Inchallah : « si Dieu le veut ». Accolé à toute intention future. Un artisan qui vous dit que votre commande sera prête demain inchallah n'esquive pas forcément, il énonce simplement qu'un délai n'engage personne. Écoutez le ton pour savoir s'il s'agit d'une promesse ou d'un refus poli.
  • Hamdoullah : « Dieu merci ». La réponse par défaut à « ça va ? », mais aussi ce qu'on dit après avoir mangé, après avoir échappé à un ennui, ou en signe de contentement général.
  • Barakalaoufik : « que Dieu te bénisse ». Un merci appuyé qui vaut aussi comme bénédiction quand on quitte quelqu'un.

Deux mots vous éviteront à eux seuls la plupart des malentendus. Smehli (pardon) sert autant à s'excuser qu'à interpeller quelqu'un poliment dans la rue, et ma fhemtch (je n'ai pas compris) vaut mieux qu'un hochement de tête gêné, qui fait souvent accélérer votre interlocuteur.

Plateau de thé à la menthe marocain avec théière en argent et verres colorés servis pour un invité
Refuser le thé est possible, mais dites choukran en posant la main sur le cœur : le geste compte autant que le mot.

Si on vous offre le thé et que vous ne pouvez pas rester, ne refusez pas sèchement. Un choukran bezzaf accompagné de la main sur le cœur ferme l'échange sans vexer personne. Et si vous acceptez mais craignez le sucre, la formule à connaître est b'chwiya dyal sokkar : le sucre se met dans la théière, jamais dans le verre, donc c'est maintenant ou jamais.

Marchander au souk : les phrases exactes

C'est là que la darija est la plus rentable. Un acheteur qui ouvre en français reçoit le prix touriste ; celui qui lance bch'hal ? signale qu'il connaît la règle du jeu, et le premier prix annoncé n'est déjà plus le même. Vous ne deviendrez pas marocain avec quatre mots, mais vous sortirez de la catégorie proie facile.

Vendeuse d'épices et de plantes assise derrière ses bocaux étiquetés dans le souk de Marrakech
Les prix affichés au kilo sont un point de départ, pas un tarif fixe.

La séquence type tient en cinq répliques, dans cet ordre :

  1. Salam, bch'hal ? Bonjour, combien. On salue avant de demander un prix, toujours.
  2. Ghali bezzaf ! C'est trop cher. Dit avec le sourire, c'est la réplique attendue, pas une insulte.
  3. Na9es chwiya, 3afak. Baisse un peu, s'il te plaît. Annoncez votre prix, autour de la moitié du premier chiffre.
  4. Akhir taman ? C'est ton dernier prix ? La phrase qui déclenche la vraie proposition.
  5. Wakha, safi. D'accord, on s'arrête là. Ou bien lla choukran et vous partez, ce qui reste l'argument le plus efficace du monde.

Un détail piège les visiteurs : dans les souks et les marchés de quartier, les prix sont souvent annoncés en rials et non en dirhams, surtout par les personnes âgées. Un rial vaut un vingtième de dirham, donc « miat rial » ne veut pas dire cent dirhams mais cinq. Si un chiffre vous paraît délirant, demandez b'derhem ?

Pour la mécanique complète du marchandage, les quartiers d'artisans et les prix de référence par produit, notre guide des souks de Marrakech détaille où acheter quoi et à quel tarif. Et si vous vous perdez dans la médina, le mot magique reste jam3 lfna : tout le monde vous indiquera la place.

Le vocabulaire du quotidien et du marché

Au-delà du commerce, quelques familles de mots reviennent tous les jours. Les quantités d'abord : bezzaf (beaucoup, trop) et chwiya (un peu) se glissent partout, y compris dans le français des Marocains. Ce sont probablement les deux mots que vous entendrez le plus souvent.

À table, l'essentiel tient en peu de choses : lma (eau), khobz (pain), atay (thé), 9ahwa (café), lhsab (l'addition). Complimenter le cuisinier avec bnin bezzaf (c'est délicieux) marche à tous les coups, y compris dans les adresses de notre sélection où manger à Marrakech. Au marché, les noms de produits se demandent tels quels : le fenouil est nafa3, la menthe na3na3, le poulet djaj.

En taxi, quatre mots règlent tout : nichan (tout droit), 3al limen (à droite), 3al liser (à gauche), w9ef hna (arrête-toi ici). Ajoutez l'contour 3afak au moment de monter dans un petit taxi : demander le compteur en darija évite la négociation de départ, et le mot vient du français, donc il se retient tout seul.

Enfin, le temps en darija est élastique. Daba veut dire maintenant, mais daba daba répété signifie « dans un instant », qui peut couvrir vingt minutes. Ghedda (demain) suit la même logique. Le rapport à l'horaire est simplement plus souple, et s'y faire est l'un des premiers ajustements de ceux qui viennent vivre au Maroc.

Qu'est-ce que la darija ?

La darija est l'arabe marocain, la langue maternelle de la majorité des Marocains et la langue orale du pays. Le mot vient de l'arabe et signifie à peu près « la courante », celle qui circule. Elle s'écrit rarement, s'apprend en famille et ne s'enseigne pas à l'école, ce qui ne l'empêche pas d'être parlée par des dizaines de millions de personnes.

Sa base est arabe, mais elle a beaucoup absorbé. L'amazighe (le berbère) lui a donné du vocabulaire et une partie de sa musique, le français y a laissé des centaines de mots (tomobil pour voiture, tilifoun, forchita), l'espagnol aussi dans le nord (cocina, semana). La grammaire, elle, s'est allégée : les voyelles courtes tombent, ce qui donne ces suites de consonnes déroutantes comme bghit ou chkoun.

Ne la confondez pas avec l'arabe classique. Le classique est la langue écrite et officielle, celle des journaux, des textes religieux et de l'administration ; personne ne s'en sert pour commander un café. C'est pourquoi apprendre l'arabe littéral avant un voyage au Maroc sert beaucoup moins que retenir trente mots de darija. Dans l'autre sens, un Égyptien ou un Libanais ne comprend pas spontanément un Marocain : la darija est réputée la plus difficile des variantes arabes pour les autres arabophones.

À l'écrit, elle apparaît quand même partout sur les téléphones, sous forme d' arabizi : l'alphabet latin plus des chiffres pour les sons manquants. Le 3 note le ع, le 7 le ح, le 9 le ق. Une fois cette clé en main, la moitié des textes marocains sur les réseaux devient lisible.

Français et darija

Les deux langues se sont mélangées dans les deux sens, ce qui vous donne un avantage de départ. Beaucoup de mots techniques ou modernes de la darija sont du français déguisé : la voiture est tomobil, la table tabla, la cuisine kouzina, l'ordinateur ordinatour. Dans une conversation urbaine, les phrases alternent d'ailleurs souvent les deux langues au milieu d'une même phrase.

Le français, lui, a récupéré chouia (de chwiya, un peu), toubib (de tbib, médecin), maboul et bled. Vous les employez déjà sans le savoir, et les entendre dans leur contexte d'origine aide à retenir le reste.

Pratiquement, à Marrakech, vous pouvez faire un séjour entier en français. Les riads, les restaurants, les taxis et le personnel des sites touristiques le parlent, souvent bien. La darija joue donc sur la qualité du contact plutôt que sur la survie : elle fait passer de l'achat à la conversation. Pour ceux qui s'installent, en revanche, elle finit par devenir nécessaire, et les expatriés le relèvent dans notre bilan des avantages et inconvénients de la vie au Maroc.

Comment progresser vite : apprenez d'abord les dix mots de politesse, ils s'emploient cinquante fois par jour et s'ancrent seuls. Ensuite les chiffres, qui débloquent les prix. Le reste vient par imitation : répétez ce que vous entendez, même mal prononcé. Personne ne se moquera, et on vous corrigera volontiers.

Questions fréquentes

Quelle langue parle-t-on au Maroc ?+

Trois langues cohabitent au quotidien. La darija, l'arabe marocain, est la langue orale de la rue, de la famille et du commerce : c'est celle que vous entendrez partout. L'amazighe, la langue berbère, est parlée par une grande partie de la population, surtout dans l'Atlas et le Souss, et figure comme langue officielle au côté de l'arabe depuis 2011. Le français reste très présent dans les villes, dans le commerce, les banques et l'enseignement supérieur. À Marrakech, vous pouvez tout faire en français, mais quelques mots de darija changent l'accueil.

Comment dit-on merci en darija ?+

On dit « choukran », qui se prononce chou-kran. Pour remercier plus chaleureusement, les Marocains utilisent « barakalaoufik », littéralement « que Dieu te bénisse ». C'est la formule qui touche vraiment votre interlocuteur, notamment envers une personne âgée. Si on vous remercie, répondez « bla jmil », l'équivalent de « de rien ».

Comment dit-on bonjour en darija ?+

Le plus courant est « salam alaykoum », auquel on répond « wa alaykoum salam ». Dans la rue, entre jeunes ou dans un commerce, la version courte « salam » suffit. Le matin, vous entendrez aussi « sbah lkhir » et le soir « msa lkhir ». Enchaînez avec « labas ? », qui veut dire « ça va ? » et fait partie de la salutation elle-même, pas d'une vraie question.

Quelle est la différence entre la darija et l'arabe classique ?+

L'arabe classique, ou littéral, est la langue écrite : celle des journaux, de l'administration, des textes religieux et des discours officiels. Personne ne l'utilise pour commander un café. La darija est la langue parlée du Maroc, avec sa propre prononciation, son vocabulaire et sa grammaire simplifiée, nourrie d'amazighe, de français et d'espagnol. Un Marocain comprend l'arabe classique sans le parler spontanément, et un arabophone d'Égypte ou du Golfe ne comprend pas la darija sans un temps d'adaptation.

Faut-il parler darija pour voyager au Maroc ?+

Non. Le français suffit pour se débrouiller à Marrakech, dans les riads, les restaurants et les taxis. La darija sert surtout à la relation : dix mots bien placés font baisser un prix au souk et transforment un échange commercial en conversation. Pour dix minutes d'apprentissage, le gain est net.

C'est quoi les chiffres 3, 7 et 9 dans les mots en darija ?+

C'est l'arabizi, la façon d'écrire la darija avec l'alphabet latin sur un téléphone. Certains sons arabes n'ont pas d'équivalent en français, alors on emprunte des chiffres dont la forme rappelle la lettre arabe : le 3 note le « ع », un son guttural, le 7 note le « ح », un h très expiré, le 9 note le « ق », un k prononcé au fond de la gorge. « 3afak » se lit donc a-fak et « 9ahwa » se lit qah-wa.

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