
Fiscalité au Maroc :
le guide de l'expatrié français
Comprendre la fiscalité au Maroc est une étape clé quand on s'installe en tant que Français. Bonne nouvelle : le pays est réputé fiscalement doux, et la convention France-Maroc évite la double imposition. Reste à savoir si vous êtes résident fiscal, sur quoi vous serez imposé, et à quels taux. Ce guide pilier fait le tour, de façon claire, de l'impôt sur le revenu à la convention bilatérale, en passant par les pensions, les revenus locatifs et les sociétés.
Avertissement : cette page donne des informations générales et pédagogiques, à jour pour 2026. Ce n'est pas un conseil fiscal personnalisé. La fiscalité franco-marocaine évolue et dépend de votre situation : faites-la valider par un fiscaliste spécialisé France-Maroc avant toute décision.
Êtes-vous résident fiscal au Maroc ?
Tout part de là. Votre résidence fiscale détermine où vous êtes imposé. Selon l'article 23 du Code général des impôts marocain, vous êtes résident fiscal au Maroc dès que l'un de ces trois critères est rempli :
- vous avez votre foyer permanent d'habitation au Maroc (votre résidence principale) ;
- vous y séjournez plus de 183 jours sur une période de 365 jours ;
- vous y avez le centre de vos intérêts économiques (activité principale ou patrimoine).
Un seul de ces critères suffit. Devenir résident fiscal marocain implique de déclarer son départ à l'administration française et, le cas échéant, de demander un certificat de résidence fiscale à la Direction générale des impôts (DGI) marocaine, utile pour faire jouer la convention.
Êtes-vous résident fiscal au Maroc ?
Cochez ce qui s'applique à votre situation (un seul critère suffit).
Outil d'orientation, pas un conseil fiscal. La résidence fiscale s'apprécie au cas par cas et via la convention : faites valider votre situation par un professionnel.
L'impôt sur le revenu (IR) au Maroc
Les impôts au Maroc reposent, pour les particuliers, sur l'impôt sur le revenu (IR), à barème progressif. Depuis la réforme entrée en vigueur en 2025 (et inchangée en 2026), le seuil d'exonération a été relevé à 40 000 MAD et le taux marginal abaissé à 37 % :
| Tranche de revenu annuel | Taux |
|---|---|
| 0 à 40 000 MAD (≈ 3 700 €) | 0 % (exonéré) |
| 40 001 à 60 000 MAD (≈ 5 600 €) | 10 % |
| 60 001 à 80 000 MAD (≈ 7 400 €) | 20 % |
| 80 001 à 100 000 MAD (≈ 9 300 €) | 30 % |
| 100 001 à 180 000 MAD (≈ 16 700 €) | 34 % |
| Au-delà de 180 000 MAD | 37 % |
Ce barème s'applique au revenu net imposable (salaires, pensions, revenus fonciers, etc.), après les abattements propres à chaque type de revenu. Conversion indicative : 1 € ≈ 10,8 MAD.
À noter : un résident fiscal marocain est en principe imposable sur ses revenus mondiaux, tandis qu'un non-résident ne l'est que sur ses revenus de source marocaine. C'est, là encore, la convention France-Maroc qui évite qu'un revenu déjà taxé en France le soit une seconde fois au Maroc.
Calculateur d'impôt sur le revenu (IR)
Estimez votre IR marocain à partir de votre revenu net imposable annuel (barème 2026).
Estimation indicative sur le seul barème de l'IR (hors abattements spécifiques, déductions pour charges de famille et réductions). Ce n'est pas un conseil fiscal. Conversion : 1 € ≈ 10,8 MAD.
La convention fiscale France-Maroc
Signée en 1970, la convention fiscale France-Maroc évite la double imposition en répartissant le droit d'imposer selon le type de revenu. Les grands principes :
- Pensions privées : imposables dans l'État de résidence (le Maroc si vous y résidez).
- Pensions publiques (fonction publique) : imposables en France, quel que soit le lieu de résidence.
- Revenus immobiliers et plus-values : imposables là où se situe le bien (au Maroc pour un bien marocain).
- Salaires : en principe imposables dans le pays où l'activité est exercée.
Concrètement, un même revenu n'est pas taxé deux fois : la convention attribue l'imposition à un seul État, ou prévoit un crédit d'impôt. C'est elle qui sécurise votre situation d'expatrié.
La fiscalité des pensions de retraite
C'est l'atout phare pour les retraités. Les pensions de source étrangère transférées au Maroc bénéficient d'un abattement forfaitaire (70 % jusqu'à 168 000 MAD/an, 40 % au-delà), puis d'une réduction de 80 % de l'impôt dû, sous condition de transfert définitif en dirhams. Résultat : une imposition de la pension très faible.
Comme c'est un sujet à part entière, le détail (conditions, exemple chiffré, simulateur) est traité sur la page retraite au Maroc. Pour situer ces montants dans un budget, voyez le coût de la vie à Marrakech.
Revenus locatifs et plus-values immobilières
Si vous possédez un bien au Maroc, deux fiscalités vous concernent. Les revenus locatifs sont imposés au Maroc, après un abattement forfaitaire de 40 % (seuls 60 % du loyer brut sont soumis à l'IR) ; les revenus fonciers nets inférieurs à 40 000 MAD par an sont exonérés.
À la revente, la plus-value immobilière est soumise à la TPI (taxe sur les profits immobiliers) au taux de 20 % du profit net. La résidence principale est exonérée sous conditions (durée d'occupation, en général au moins 6 ans), et les cessions entre époux, ascendants et descendants le sont aussi. Pour le volet achat et rendement, voyez le pilier immobilier à Marrakech.
Société et revenus d'activité
Vous créez une activité ? Deux grandes voies. La société (SARL) relève de l'impôt sur les sociétés (IS), dont le taux converge vers 20 % en 2026 pour la plupart des entreprises (un taux majoré s'applique aux très grands bénéfices et au secteur financier), avec une cotisation minimale assise sur le chiffre d'affaires.
Pour un indépendant, le statut d'auto-entrepreneur marocain est simple et léger : un IR forfaitaire de 0,5 % du chiffre d'affaires pour le commerce et l'industrie, 1 % pour les services, dans la limite de 500 000 MAD (commerce) ou 200 000 MAD (services) de chiffre d'affaires annuel. C'est une porte d'entrée idéale pour tester une activité. Ce survol ne remplace pas l'avis d'un expert-comptable.
Convertir ses montants en euros
Tous ces barèmes sont en dirhams. Pour raisonner en euros (et inversement), utilisez notre outil dédié :
Convertisseur Dirham / Euro
Convertissez instantanément vos loyers, pensions, prix et impôts entre MAD et EUR.
Ouvrir le convertisseur MAD / EUR →En résumé : le Maroc est fiscalement attractif pour les expatriés français, surtout les retraités. La clé est de bien établir sa résidence fiscale et de s'appuyer sur la convention. Pour la vue d'ensemble de l'installation, voyez le pilier s'expatrier à Marrakech.
Questions fréquentes
Quand devient-on résident fiscal au Maroc ?+
Dès que l'un de ces trois critères est rempli : vous avez votre foyer permanent (habitation principale) au Maroc, vous y séjournez plus de 183 jours sur une période de 365 jours, ou vous y avez le centre de vos intérêts économiques. Un seul critère suffit pour être considéré comme résident fiscal marocain, et donc imposable au Maroc sur vos revenus mondiaux.
Y a-t-il une double imposition entre la France et le Maroc ?+
Non. La convention fiscale franco-marocaine de 1970 répartit le droit d'imposer entre les deux pays pour éviter qu'un même revenu soit taxé deux fois. Selon le type de revenu (pension, salaire, loyer, plus-value), l'imposition revient soit à la France, soit au Maroc. Ceci reste une information générale : faites valider votre cas par un fiscaliste.
Comment sont imposées les pensions de retraite au Maroc ?+
De façon très avantageuse : les pensions de source étrangère transférées au Maroc bénéficient d'un abattement forfaitaire (70 % puis 40 %) puis d'une réduction de 80 % de l'impôt dû. Le détail, avec un exemple chiffré, est sur notre page dédiée à la retraite au Maroc. Ce n'est pas un conseil fiscal personnalisé.