
Fiscalité au Maroc :
le guide de l'expatrié français
Fiscalité France-Maroc 2026 : résidence fiscale et 183 jours, barème de l'IR, convention fiscale, pensions et réduction de 80 %, loyers, plus-values, auto-entrepreneur et société.
S'installer au Maroc change votre fiscalité, mais pas d'un bloc. Chaque revenu a sa règle : une pension privée bascule au Maroc et y devient très peu taxée, une pension de fonctionnaire reste imposée en France, et les loyers suivent le pays où se trouve le bien. Tout part d'une question préalable : êtes-vous résident fiscal marocain ?
Cette page commence par répondre à « qui vous impose », puis détaille la résidence fiscale, le barème, les pensions, l'immobilier et les revenus d'activité. Deux outils vous aident à situer votre cas.
183 jours
de présence au Maroc sur 365 : l'un des critères de résidence fiscale
40 000 MAD
de revenu annuel exonéré d'impôt sur le revenu
37 %
taux marginal de l'IR marocain depuis 2025
80 %
de réduction d'impôt sur une pension privée transférée
Information générale, pas un conseil fiscal. Les règles citées sont celles en vigueur en 2026 et évoluent. Votre situation (type de pension, revenus restés en France, société) peut tout changer : faites-la valider par un fiscaliste spécialisé France-Maroc avant toute décision.
Qui vous impose, selon votre revenu
Signée en 1970, la convention fiscale France-Maroc évite qu'un même revenu soit taxé deux fois : elle attribue le droit d'imposer à un seul des deux États, ou prévoit un crédit d'impôt. Le tableau ci-dessous suppose que vous êtes résident fiscal marocain.
| Revenu | Imposé en | À retenir |
|---|---|---|
| Pension privée (régime général, Agirc-Arrco) | Maroc, si vous y résidez | Abattement puis réduction de 80 % de l'impôt |
| Pension publique (fonction publique) | France, quel que soit le lieu de résidence | L'avantage marocain ne s'applique pas |
| Loyers d'un bien situé au Maroc | Maroc | Abattement de 40 % sur le loyer brut |
| Loyers d'un bien resté en France | France | Imposés en France, même en vivant au Maroc |
| Plus-value immobilière | Pays où se trouve le bien | Au Maroc : taxe sur les profits immobiliers de 20 % |
| Salaire | Pays où le travail est exercé | Règles particulières pour les missions courtes |
La conséquence la plus souvent oubliée : l'avantage marocain sur les retraites concerne surtout les retraités du privé. Un ancien fonctionnaire continue de payer son impôt sur la pension en France, même installé à Marrakech.
Êtes-vous résident fiscal au Maroc ?
Selon l'article 23 du Code général des impôts marocain, vous êtes résident fiscal dès que l'un de ces trois critères est rempli : votre foyer permanent d'habitation est au Maroc, vous y séjournez plus de 183 jours sur une période de 365 jours, ou vous y avez le centre de vos intérêts économiques. Un résident est imposable au Maroc sur ses revenus mondiaux, sous réserve de la convention ; un non-résident seulement sur ses revenus de source marocaine.
Beaucoup de retraités envisagent de vivre six mois au Maroc et six mois en France. C'est confortable, mais sous 183 jours par an au Maroc, vous restez imposable en France et la réduction de 80 % sur la pension ne s'applique pas. Pour faire jouer la convention, demandez à la Direction générale des impôts un certificat de résidence fiscale.
Êtes-vous résident fiscal au Maroc ?
Cochez ce qui s'applique à votre situation (un seul critère suffit).
Outil d'orientation, pas un conseil fiscal. La résidence fiscale s'apprécie au cas par cas et via la convention : faites valider votre situation par un professionnel.
Le barème de l'impôt sur le revenu
Depuis la réforme entrée en vigueur en 2025, et inchangée en 2026, le seuil d'exonération est de 40 000 MAD par an et le taux marginal de 37 %. Le barème s'applique au revenu net imposable, après les abattements propres à chaque revenu : pension, salaire, loyers.
| Revenu annuel imposable | Taux |
|---|---|
| 0 à 40 000 MAD (≈ 3 700 €) | 0 % |
| 40 001 à 60 000 MAD (≈ 5 600 €) | 10 % |
| 60 001 à 80 000 MAD (≈ 7 400 €) | 20 % |
| 80 001 à 100 000 MAD (≈ 9 300 €) | 30 % |
| 100 001 à 180 000 MAD (≈ 16 700 €) | 34 % |
| Au-delà de 180 000 MAD | 37 % |
Conversion indicative : 1 € ≈ 10,8 MAD. Pour vos montants, voyez le convertisseur MAD/EUR.
Calculateur d'impôt sur le revenu (IR)
Estimez votre IR marocain à partir de votre revenu net imposable annuel (barème 2026).
Estimation indicative sur le seul barème de l'IR (hors abattements spécifiques, déductions pour charges de famille et réductions). Ce n'est pas un conseil fiscal. Conversion : 1 € ≈ 10,8 MAD.
Pensions de retraite : la réduction de 80 %
C'est l'avantage le plus cité, et le plus souvent mal expliqué. Il ne s'agit pas d'un abattement de 80 % sur la pension, mais d'un calcul en trois temps, réservé aux pensions de source étrangère transférées au Maroc :
- 1
Abattement sur la pension
70 % de la pension brute annuelle jusqu'à 168 000 MAD sont retirés de l'assiette, 40 % au-delà.
- 2
Calcul de l'impôt
Le solde passe au barème de l'IR, comme n'importe quel revenu.
- 3
Réduction de 80 %
L'impôt obtenu est réduit de 80 %, à condition d'avoir transféré la pension à titre définitif et converti en dirhams.
Résultat : une pension privée de 2 500 € par mois n'est taxée que de quelques centaines d'euros par an, contre plusieurs milliers en France. En quittant la France, vous sortez aussi de la CSG et de la CRDS sur la pension. La déclaration se fait en ligne avant le 1er mars, avec l'attestation de versement de la caisse et l'attestation bancaire de transfert.
Le simulateur et les démarches du retraité sont sur la retraite à Marrakech, et la comparaison avec l'Espagne, où la pension est imposée de 19 à 47 %, sur Marrakech ou Barcelone.
Loyers et plus-values immobilières
Loyers
40 % d'abattement
Seuls 60 % du loyer brut sont soumis à l'IR. Les revenus fonciers nets sous 40 000 MAD par an sont exonérés.
Revente
20 % du profit net
La taxe sur les profits immobiliers frappe la plus-value, avec un minimum calculé sur le prix de cession.
Taxes annuelles
Modestes
Taxe d'habitation et taxe de services communaux, souvent quelques centaines à quelques milliers de dirhams.
La résidence principale est exonérée de taxe sur les profits immobiliers sous conditions, en général au moins 6 ans d'occupation, tout comme les cessions entre époux, ascendants et descendants. Deux réflexes protègent à la revente : ne jamais sous-déclarer le prix à l'achat, car la plus-value serait calculée sur ce prix minoré, et financer l'achat par un compte en dirhams convertibles, seule façon de pouvoir rapatrier le produit de la vente et les loyers. Le détail est sur acheter au Maroc quand on est étranger.
Auto-entrepreneur, société, salarié
Auto-entrepreneur
Impôt forfaitaire de 0,5 % du chiffre d'affaires pour le commerce et l'industrie, 1 % pour les services. Plafonds : 500 000 MAD (commerce) et 200 000 MAD (services) par an.
Société (SARL)
Impôt sur les sociétés qui converge vers 20 % en 2026 pour la plupart des entreprises, avec un taux majoré pour les très grands bénéfices et une cotisation minimale sur le chiffre d'affaires.
Salarié
Imposé en principe dans le pays où le travail est exercé, au barème de l'IR marocain de 0 à 37 %. Un contrat d'expatriation signé en France suit ses propres règles.
Pour un indépendant qui facture des clients européens depuis Marrakech, l'auto-entreprise marocaine est la porte d'entrée la plus simple. Ce survol ne remplace pas l'avis d'un expert-comptable, surtout si vous gardez une société en France. Le cadre du travail au Maroc est sur s'expatrier à Marrakech.
Quitter la France fiscalement
- Déclarer votre départ : à l'administration fiscale française, avec votre nouvelle adresse au Maroc.
- Déposer une dernière déclaration française : l'année suivant le départ, pour les revenus perçus avant de partir et ceux qui restent imposables en France.
- Prévenir vos caisses de retraite : donner le compte de réception au Maroc, puis envoyer chaque année un certificat de vie.
- Organiser le transfert de la pension : par virement récurrent vers un compte marocain, avec conversion définitive en dirhams et attestations de change.
- Demander un certificat de résidence fiscale : à la Direction générale des impôts marocaine, pour faire jouer la convention.
Pour résumer : établissez d'abord votre résidence fiscale, vérifiez si votre pension est privée ou publique, transférez-la en dirhams pour la réduction de 80 %, et ne sous-déclarez jamais un achat immobilier. Pour le budget au quotidien, voyez le coût de la vie à Marrakech.
Questions fréquentes
Quand devient-on résident fiscal au Maroc ?+
Dès que l'un des trois critères est rempli : votre foyer permanent d'habitation est au Maroc, vous y séjournez plus de 183 jours sur une période de 365 jours, ou vous y avez le centre de vos intérêts économiques. Un seul suffit. Vous devenez alors imposable au Maroc sur vos revenus mondiaux, sous réserve de la convention France-Maroc.
Y a-t-il une double imposition entre la France et le Maroc ?+
Non. La convention fiscale franco-marocaine de 1970 attribue chaque type de revenu à un seul État, ou prévoit un crédit d'impôt. Les pensions privées vont au pays de résidence, les pensions publiques restent en France, et les revenus immobiliers sont imposés là où se trouve le bien.
Comment est imposée une retraite française au Maroc ?+
Pour une pension privée, transférée au Maroc à titre définitif et convertie en dirhams, le fisc applique un abattement de 70 % jusqu'à 168 000 MAD par an (40 % au-delà), puis une réduction de 80 % de l'impôt dû. L'impôt tombe à quelques centaines d'euros par an. Une pension publique reste imposée en France.
Peut-on vivre six mois au Maroc et garder les avantages fiscaux ?+
Non. En restant moins de 183 jours par an au Maroc, sans y avoir votre foyer ni vos intérêts, vous restez résident fiscal français : votre pension est imposée en France et vous perdez la réduction de 80 %. Le demi-séjour est confortable, mais il ne donne pas les avantages de l'installation.
Quel est le taux de l'impôt sur le revenu au Maroc ?+
Le barème est progressif : 0 % jusqu'à 40 000 MAD de revenu annuel, puis 10 %, 20 %, 30 % et 34 %, et 37 % au-delà de 180 000 MAD. Il s'applique au revenu net imposable, après les abattements propres à chaque type de revenu. Utilisez le simulateur de cette page pour une estimation.
Quelle fiscalité pour un auto-entrepreneur au Maroc ?+
Le statut est très léger : un impôt forfaitaire de 0,5 % du chiffre d'affaires pour le commerce et l'industrie, et de 1 % pour les services, dans la limite de 500 000 MAD (commerce) ou 200 000 MAD (services) de chiffre d'affaires annuel. Au-delà, il faut passer en société.