
Acheter de l'immobilier au Maroc
(étranger)
Acheter de l'immobilier au Maroc est ouvert aux étrangers, sans visa, sans résidence et sans autorisation préalable. Une seule catégorie de bien vous est fermée, et ce n'est pas celle que l'on croit. Voici ce que vous avez le droit d'acheter, ce que ça coûte réellement ville par ville, comment se déroule la transaction et à quelle condition vous pourrez ressortir votre argent.
Ai-je le droit d'acheter ce bien ?
Choisissez le type de bien qui vous intéresse.
Aucune restriction.
Un appartement est un bien urbain : il vous est ouvert sans condition de nationalité, de résidence ni de visa. Vous pouvez signer depuis la France, par procuration, sans avoir jamais mis les pieds au Maroc. Le seul vrai contrôle porte sur le titre de propriété du bien lui-même.
Guide informatif : il ne constitue ni un conseil juridique, ni fiscal, ni en investissement. Les prix et les taux sont indicatifs et évoluent. Faites valider votre opération par un notaire marocain avant de signer quoi que ce soit.
Un étranger peut-il acheter au Maroc ?
Oui, et la réponse est plus large que ce que la plupart des acheteurs imaginent. Le droit marocain ne conditionne pas l'acquisition d'un bien urbain à la nationalité, ni à la résidence, ni à la détention d'un titre de séjour. Un Français qui n'a jamais vécu au Maroc achète dans les mêmes conditions qu'un résident.
La restriction porte sur le bien, pas sur l'acheteur. Les terres agricoles et celles à vocation agricole sont réservées aux personnes marocaines, une règle héritée de la marocanisation des années 1970 et destinée à protéger le foncier rural. Tout le reste vous est accessible : appartement, villa, riad, local commercial, terrain situé dans le périmètre urbain.
Un cas revient souvent : le terrain qui semble constructible parce qu'une maison est déjà dessus, mais qui reste classé agricole au cadastre. Le déclassement passe par une attestation de vocation non agricole, délivrée quand le plan d'aménagement le permet. La démarche existe, elle prend des mois et n'aboutit pas toujours. Tant qu'elle n'est pas obtenue, aucun notaire ne passera l'acte à votre nom. Les statuts du foncier nu, melk, collectif, guich ou habous, sont détaillés sur la page acheter un terrain à Marrakech.
Franco-marocains :si vous avez la nationalité marocaine, même en double nationalité, vous achetez comme un national et la restriction agricole ne vous concerne pas. En revanche, si vous financez depuis l'étranger et voulez pouvoir rapatrier les fonds un jour, passez par un compte en dirhams convertibles comme un investisseur étranger. Beaucoup l'oublient et le regrettent à la revente.
Combien coûte un bien au Maroc ? Prix par ville
L'écart entre une ville moyenne et un quartier d'affaires de Casablanca dépasse le rapport de un à quatre. Voici des fourchettes indicatives de prix au mètre carré pour un appartement correct en 2025-2026, hors très haut de gamme, converties à environ 1 € pour 10,8 dirhams.
| Ville / secteur | Prix (MAD/m²) | Équivalent (€/m²) |
|---|---|---|
| Casablanca (Anfa, centre) | 13 000 - 25 000 | ≈ 1 200 - 2 300 € |
| Rabat (Agdal, Hassan) | 12 000 - 22 000 | ≈ 1 100 - 2 000 € |
| Tanger (centre, Malabata) | 10 000 - 18 000 | ≈ 930 - 1 670 € |
| Marrakech (Guéliz) | 9 000 - 18 000 | ≈ 830 - 1 670 € |
| Agadir (front de mer) | 9 000 - 16 000 | ≈ 830 - 1 480 € |
| Villes moyennes (Meknès, Kénitra, Oujda) | 5 000 - 9 000 | ≈ 460 - 830 € |
Casablanca reste le marché le plus cher, et surtout le plus profond : on y achète et on y revend vite parce que l'emploi y concentre la demande locative. À Rabat, ce sont l'administration et les représentations diplomatiques qui tiennent les prix. Tanger grimpe depuis une dizaine d'années, portée par le port et la zone industrielle. Le cas de Marrakech et d'Agadir est différent : la demande y vient du tourisme et de la diaspora, ce qui rend les prix plus sensibles aux saisons et aux modes. Pour le détail quartier par quartier à Marrakech, voyez notre guide dédié pour acheter un appartement à Marrakech.
Ce que vous obtenez selon votre budget
20 000 à 30 000 €
Un petit appartement ancien dans une ville moyenne, ou un studio en périphérie d'une grande ville. Presque toujours des travaux à prévoir.
30 000 à 50 000 €
Un deux ou trois pièces correct dans une grande ville, hors hypercentre. C'est la tranche la plus recherchée par les acheteurs de la diaspora.
50 000 à 100 000 €
Un appartement familial dans un quartier demandé : Guéliz à Marrakech, Agdal à Rabat, centre de Tanger. Le segment le plus liquide à la revente.
Au-delà de 100 000 €
Le neuf de standing, le front de mer, la villa en périphérie ou le riad de caractère en médina.
Les annonces à 20 000 euros existent vraiment, mais rarement là où on les cherche. À ce prix, vous êtes sur de l'ancien à rénover dans une ville secondaire, pas sur un pied-à-terre face à la mer. Méfiez-vous des biens affichés très en dessous du marché de leur quartier : dans la majorité des cas, le problème est dans le titre, pas dans le prix.

Les démarches, étape par étape
Comptez deux à quatre mois entre l'offre acceptée et la remise des clés, un peu plus si le bien est ancien ou si une succession traîne. Le parcours type :
- 1
Vérifier le titre avant de s'attacher au bien
avant toute offreDemandez le numéro du titre foncier et faites tirer un certificat de propriété récent à la conservation foncière. Ce document dit qui possède réellement le bien, quelle surface est enregistrée et quelles hypothèques ou oppositions pèsent dessus.
Vigilance : Un bien vendu sur simple acte adoulaire (melkia) sans immatriculation est le premier motif de transaction qui s'enlise.
- 2
Faire une offre et signer le compromis
1 à 2 semainesLe compromis fixe le prix, le délai et les conditions suspensives. L'acompte tourne autour de 10 % du prix et se verse chez le notaire, jamais de la main à la main au vendeur.
Vigilance : Faites inscrire une condition suspensive sur l'obtention du financement et sur la conformité du titre.
- 3
Choisir notaire ou adoul
au moment du compromisLe notaire de droit moderne est la voie standard pour un acheteur étranger, avec un acte en français et une procédure écrite. L'adoul, notaire traditionnel de droit musulman, reste courant sur le bâti ancien et les successions en médina.
Vigilance : Le notaire est choisi par l'acheteur puisque c'est lui qui paie. Ne laissez pas le vendeur imposer le sien.
- 4
Ouvrir le compte en dirhams convertibles
en parallèle, 2 à 4 semainesLes fonds venus de l'étranger doivent transiter par un compte en dirhams convertibles ouvert à votre nom dans une banque marocaine. C'est la trace bancaire qui vous ouvrira le droit de ressortir votre argent plus tard.
Vigilance : Ouvrez ce compte avant le premier virement, pas après. Un versement mal fléché se régularise mal.
- 5
Signer l'acte définitif et payer les frais
1 à 3 mois après le compromisLe solde du prix, les droits d'enregistrement et les frais de conservation foncière se règlent à la signature. Le notaire encaisse et se charge des versements au Trésor.
Vigilance : Le prix inscrit dans l'acte doit être le prix réellement payé. Toute sous-déclaration se paiera à la revente.
- 6
Enregistrer la mutation et déclarer l'investissement
les 6 mois suivantsLe notaire fait inscrire le transfert de propriété à votre nom sur le titre foncier. En parallèle, l'investissement se déclare à l'Office des changes, formalité qui conditionne la garantie de transfert.
Vigilance : Gardez toute la liasse : avis de virement, attestations bancaires, acte enregistré. C'est votre dossier de sortie.
Notaire ou adoul : lequel choisir ?
Le Maroc fait coexister deux systèmes. Le notaire de droit moderne rédige un acte en français ou en arabe, tient un compte séquestre et engage sa responsabilité professionnelle. C'est la voie normale pour un acheteur étranger. L'adoul, notaire traditionnel de droit musulman, intervient par paire et reste très présent sur le bâti ancien, les successions et les médinas, notamment quand vous voulez acheter un riad.
Les deux actes ont la même valeur juridique une fois enregistrés. La différence tient à la lisibilité du dossier et à votre capacité à suivre la procédure à distance, ce qui fait pencher la balance vers le notaire dans la quasi-totalité des achats depuis l'étranger. Si un vendeur insiste pour passer par un adoul alors que le bien est titré et moderne, demandez-vous pourquoi.
Frais d'acquisition et fiscalité
Au prix affiché s'ajoutent 6 à 9 % de frais. Ils se règlent tous le jour de l'acte définitif, entre les mains du notaire.
| Poste | Montant indicatif |
|---|---|
| Droits d'enregistrement | 4 % du prix déclaré (5 % sur un terrain nu) |
| Conservation foncière | 1 % + frais fixes d'inscription |
| Notaire ou adoul | 0,5 à 1 % + TVA |
| Agence immobilière | 2,5 à 5 %, à faire écrire dans le mandat |
| Traduction, procuration, légalisations | quelques milliers de dirhams |
La ligne agence est la seule vraiment négociable, et celle qui varie le plus. Faites écrire dans le mandat qui la paie et à quel taux avant de visiter : notre guide des agences détaille les clauses à surveiller.
Ce que vous paierez ensuite, chaque année
- Taxe d'habitation et taxe de services communaux : modestes, souvent quelques centaines à quelques milliers de dirhams, avec un allègement partiel pendant les premières années sur un logement neuf.
- Impôt sur les revenus locatifs si vous louez : un abattement s'applique sur les loyers bruts, le solde étant imposé par retenue à la source pour les non-résidents.
- Taxe sur le profit immobilier à la revente : elle frappe la plus-value, avec un minimum calculé sur le prix de cession. C'est précisément là que la sous-déclaration à l'achat se retourne contre vous.
La convention fiscale franco-marocaine attribue l'imposition des revenus immobiliers à l'État où se trouve le bien, donc au Maroc, et évite la double imposition côté français. Vous restez tenu de déclarer l'existence du bien et des revenus en France. Le détail est sur notre guide fiscalité France-Maroc.
Financer et rapatrier les fonds
C'est le sujet le plus mal traité par les vendeurs, et le plus coûteux à rattraper. Le dirham n'est pas librement convertible : les mouvements de devises passent par un cadre réglementaire tenu par l'Office des changes. Concrètement, votre capacité à ressortir votre argent du Maroc se joue à l'achat, pas à la revente.
La règle en une phrase :l'argent qui entre en devises par un compte en dirhams convertibles peut ressortir. L'argent qui entre autrement reste au Maroc. Cette garantie de transfert couvre le produit de la revente comme les loyers, à condition que l'investissement ait été déclaré.
Ouvrez donc un compte en dirhams convertibles dans une banque marocaine avant le premier virement. Il s'alimente exclusivement depuis l'étranger en euros ou en dollars, et chaque versement y laisse une trace bancaire. C'est ce dossier que la banque vous réclamera le jour où vous voudrez transférer de l'argent dans l'autre sens. Conservez les avis de virement et demandez une attestation d'apport en devises après l'achat.
Côté crédit, les grandes banques marocaines prêtent aux non-résidents, avec un apport généralement compris entre 30 et 40 % et des mensualités remboursées depuis l'étranger en devises. Le crédit local a un avantage auquel on ne pense pas : avant de prêter, la banque vérifie elle-même le titre de propriété. Cela vous fait un contrôle de plus sur le bien, gratuitement. Un prêt souscrit en France sur un autre actif fonctionne aussi, mais il ne vous apporte pas ce filtre.
Est-ce un bon investissement ?
Cela dépend de l'horizon. Le rendement locatif brut se situe le plus souvent entre 4 et 7 % en location longue durée dans les grandes villes, et grimpe en saisonnier dans les zones touristiques, au prix d'une gestion active sur place. Le ticket d'entrée reste bas comparé au marché français, et le dirham, arrimé à un panier de devises dominé par l'euro, limite fortement le risque de change pour un investisseur de la zone euro.
Les limites sont tout aussi nettes. La revente peut prendre un an ou plus sur le haut de gamme, où les acheteurs sont peu nombreux. Les 6 à 9 % de frais d'entrée imposent de raisonner sur cinq à sept ans minimum avant d'espérer sortir gagnant. Et la gestion à distance coûte, en argent comme en tracas, dès que vous n'avez personne de fiable sur place.
Ce qui fonctionne le mieux : un bien standard, bien situé, dans une ville où la demande locative est portée par l'emploi et non seulement par le tourisme. Ce qui déçoit le plus souvent : le très haut de gamme acheté sur un coup de cœur, et le saisonnier géré depuis 2 000 kilomètres sans relais local. Pour comparer avec l'exploitation d'un bien de charme, voyez notre pilier immobilier à Marrakech.
Les pièges à éviter
Le bien non titré
Une part du bâti ancien n'est jamais passée à la conservation foncière. Sans titre, vous achetez une présomption de propriété, pas une propriété. C'est le risque numéro un, et il n'a rien à voir avec votre nationalité.
La sous-déclaration du prix
On vous proposera peut-être d'inscrire un prix inférieur à l'acte pour alléger les droits d'enregistrement. Mauvaise affaire : le fisc peut redresser, et à la revente votre plus-value imposable sera calculée sur ce prix minoré. Vous paierez la différence, avec les intérêts.
L'absence de compte convertible
Payer par des virements mal tracés ou par des fonds déjà présents au Maroc vous prive de la garantie de transfert. L'argent d'une future revente reste alors coincé en dirhams.
L'achat sur plan mal ficelé
En vente en état futur d'achèvement, exigez un contrat préliminaire enregistré et une garantie d'achèvement bancaire. Les retards de livraison de plusieurs années existent.
La procuration trop large
Signer une procuration générale à un proche ou à un intermédiaire revient à lui confier le droit de vendre. Limitez-la à l'opération, au bien et à la durée.
La surcote étranger
Un prix affiché peut monter de 20 ou 30 % dès que l'acheteur vient de l'étranger. Comparez au prix au mètre carré du quartier et faites estimer le bien par quelqu'un qui n'a aucun intérêt dans la vente.
Un achat mené depuis l'étranger se sécurise sur trois points : le titre, le notaire et le circuit des fonds. Si vous voulez un regard francophone sur place avant de vous engager, nous pouvons vous orienter.
Être mis en relationQuestions fréquentes
Un étranger peut-il acheter au Maroc ?+
Oui. L'achat d'un bien urbain, appartement, villa, riad ou terrain constructible, est ouvert aux étrangers sans condition de nationalité, de résidence ni de titre de séjour. La seule vraie interdiction porte sur les terres agricoles et à vocation agricole, réservées aux personnes marocaines, sauf obtention d'une attestation de vocation non agricole. Vous pouvez acheter à distance, par procuration, sans jamais vous installer au Maroc.
Quel est le prix d'un appartement au Maroc ?+
Comptez de 5 000 à 9 000 dirhams le mètre carré dans une ville moyenne, de 9 000 à 18 000 à Marrakech, Tanger ou Agadir, et de 13 000 à 25 000 dans les quartiers recherchés de Casablanca et Rabat, soit environ 460 à 2 300 euros le mètre carré. Un deux pièces correct dans une grande ville se situe autour de 30 000 à 50 000 euros, un appartement familial dans un quartier demandé entre 50 000 et 100 000 euros.
Quels frais pour un achat immobilier au Maroc ?+
Prévoyez 6 à 9 % du prix en frais d'acquisition, en plus du prix affiché : droits d'enregistrement d'environ 4 %, taxe de conservation foncière d'environ 1 %, honoraires de notaire ou d'adoul de 0,5 à 1 % plus la TVA, et selon les cas des honoraires d'agence de 2,5 à 5 %. Ces frais se règlent au moment de l'acte définitif, chez le notaire.
Est-ce intéressant d'acheter au Maroc ?+
Cela dépend de ce que vous cherchez. Le rendement locatif brut se situe souvent entre 4 et 7 % en longue durée, davantage en saisonnier mais avec une gestion active sur place. Le ticket d'entrée reste bas et le dirham est stable, ce qui limite le risque de change. En revanche, la revente peut prendre du temps sur le haut de gamme, et les 6 à 9 % de frais d'entrée demandent de raisonner sur au moins cinq à sept ans de détention.
Peut-on acheter au Maroc sans y résider ?+
Oui, aucune condition de résidence n'est exigée. La signature peut se faire à distance par procuration légalisée, établie au consulat du Maroc ou devant notaire puis apostillée. Prévoyez tout de même un déplacement pour visiter le bien et rencontrer le notaire, ou faites-vous représenter par une personne de confiance dont la procuration est strictement limitée à l'opération.
Comment rapatrier l'argent d'une revente au Maroc ?+
Le rapatriement repose sur la garantie de transfert accordée aux investissements financés en devises. Concrètement, les fonds doivent être entrés par un compte en dirhams convertibles et l'investissement doit avoir été déclaré à l'Office des changes. Si ces deux conditions sont remplies, le produit de la revente et les revenus locatifs peuvent être transférés à l'étranger. Sans elles, l'argent reste bloqué en dirhams.