
Travailler au Maroc
Travailler au Maroc quand on est français : contrat de travail étranger, visa ANAPEC, secteurs qui recrutent, salaires réels et télétravail depuis Marrakech.
Travailler au Maroc quand on est français reste possible, mais rien ne ressemble à l'Union européenne : chaque embauche passe par un contrat de travail d'étranger visé par le ministère de l'Emploi, et c'est l'employeur qui mène la démarche. Avant de chercher des offres, choisissez donc votre montage : contrat local, détachement, télétravail ou activité à votre compte.
L'essentiel, chiffres 2026
- Autorisation : un contrat de travail d'étranger visé (article 516 du Code du travail). Aucune dispense pour les Français.
- Démarche : attestation ANAPEC (20 jours ouvrables au plus), puis visa du contrat sur TAECHIR (10 jours). Les deux sont à la charge de l'employeur.
- Coût : 5 000 MAD par dossier ANAPEC avec publication de l'offre, payés par l'employeur.
- Salaires locaux : SMIG à 3 422,72 MAD brut, cadre confirmé entre 12 000 et 25 000 MAD par mois.
- Détachement : jusqu'à 3 ans au régime social français, renouvelable une fois pour 3 ans.
Le contrat de travail d'étranger et le visa ANAPEC : la vraie contrainte
L'article 516 du Code du travail (loi 65-99) est le point de départ : un employeur qui recrute un étranger doit obtenir une autorisation, sous la forme d'un visa apposé sur le contrat. Le contrat prend effet à la date de ce visa, toute modification doit être visée à nouveau et l'autorisation peut être retirée à tout moment. Le contrat suit un modèle officiel (arrêté n° 350-05 du 9 février 2005) et doit prévoir que l'employeur paie votre retour si l'autorisation est refusée (articles 517 et 518). L'employeur qui s'en passe risque une amende de 2 000 à 5 000 MAD (article 521).
Les Français ne bénéficient d'aucune exemption. Seuls les ressortissants algériens, tunisiens et sénégalais y échappent, grâce à des conventions d'établissement. Un Français qui décroche un poste au Maroc passe donc par deux guichets, toujours dans le même ordre.
Étape 1 : l'attestation d'activité ANAPEC
L'ANAPEC, l'agence nationale pour l'emploi, vérifie qu'aucun candidat marocain ne peut occuper le poste. Dans la procédure normale, elle publie l'offre puis soumet à l'employeur une liste de candidats nationaux. Elle a 20 jours ouvrables pour rendre l'attestation. Le dossier comprend la demande à la direction du placement international, les fiches employeur et poste de l'agence, votre CV détaillé, vos diplômes certifiés, le registre du commerce de l'entreprise et la page d'identité de votre passeport.
Une procédure simplifiée de 48 heures existe pour deux listes. La liste A1 vise les postes de direction (PDG, président, secrétaire général, directeur général) dans les multinationales et les sociétés de plus de 50 salariés ou de 1 million de MAD de capital. La liste A2 vise les profils rares : ingénieurs de plus de 5 ans d'expérience, pilotes, universitaires, enseignants de langues, interprètes, chefs cuisiniers spécialisés. Le renouvellement chez le même employeur, au même poste, suit aussi la voie rapide.
Certaines situations dispensent de l'attestation : conjoint d'un Marocain, salarié détaché par une entreprise étrangère, mandataire social, salarié d'une société labellisée Casablanca Finance City, étranger qui réside au Maroc depuis 10 ans sans interruption. Le visa du contrat reste nécessaire.
Étape 2 : le visa du contrat sur TAECHIR
Avec l'attestation, l'employeur dépose le contrat sur TAECHIR, la plateforme en ligne du ministère de l'Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l'Emploi et des Compétences. Le ministère dispose de 10 jours ouvrables à compter du dossier complet.
| Étape | Qui la fait | Délai | Coût |
|---|---|---|---|
| Attestation ANAPEC, procédure normale | Employeur | 20 jours ouvrables max | 5 000 MAD |
| Attestation ANAPEC, listes A1 et A2 | Employeur | 48 heures | 1 500 MAD HT |
| Visa du contrat (TAECHIR) | Employeur | 10 jours ouvrables | Aucun frais annoncé |
| Carte de séjour | Vous, auprès de la DGSN | Variable | Voir titre de séjour |
Ensuite : le titre de séjour
Le contrat visé ouvre droit à la carte de séjour pour motif de travail, à demander à la DGSN. Les pièces et les délais sont détaillés sur notre page titre de séjour au Maroc. L'entrée sous tampon touristique, décrite sur la page visa pour le Maroc, permet de passer les entretiens, pas de commencer à travailler. Au total, les délais légaux font environ six semaines, mais les cabinets RH comptent plutôt trois à cinq mois entre la promesse d'embauche et la carte en main.
Le piège du visa annuel. Le visa est le plus souvent accordé pour un an et renouvelé par l'employeur à chaque échéance. Des salariés ont rapporté des employeurs qui traitaient ce contrat comme un CDD et y mettaient fin à l'expiration du visa, sans préavis ni indemnité. Vérifiez que votre contrat précise bien s'il s'agit d'un CDI ou d'un CDD, et gardez une copie de chaque visa.
Les secteurs qui recrutent des profils français

La préférence nationale joue à plein sur les postes peu qualifiés. Un Français est recruté pour ce qu'un candidat local offre moins facilement : une expérience européenne, la double culture, l'encadrement d'équipes ou une expertise rare. Le 29 septembre 2026, France Travail affichait 17 offres au Maroc, l'Apec une vingtaine et Michael Page environ 23 postes de cadres à Casablanca, Tanger, Marrakech et Jorf Lasfar.
Offshoring et relation client
Les centres d'appels et le traitement de dossiers pour des clients francophones emploient environ 120 000 personnes selon la presse marocaine, et l'État en vise des dizaines de milliers de plus. Les postes de conseiller sont pourvus localement, à des salaires proches du minimum : pour un Français, l'ouverture se trouve dans l'encadrement (superviseur, responsable de plateau, qualité, formation). Le secteur est sous pression depuis la loi française qui encadre le démarchage téléphonique à partir du 11 août 2026.
Industrie, automobile et logistique
Tanger concentre l'automobile, les zones franches et le port de Tanger Med, Casablanca l'industrie, l'aéronautique (zone de Nouaceur) et les sièges. Les offres relevées fin septembre 2026 donnent le ton : directeur d'usine, directeur de production dans le câblage automobile à Tanger, responsable de flotte France-Maroc, ingénieur banc de test, approvisionneur.
Tourisme et hôtellerie, surtout à Marrakech
Marrakech reste la capitale touristique du pays : hôtels, riads, restaurants, loisirs. Les Français y trouvent des postes de direction d'établissement, de chef de cuisine ou de fonctions support. La préparation de la Coupe du monde 2030 relance les projets hôteliers. En septembre 2026, Michael Page proposait à Marrakech un chef de projet en transformation digitale et un responsable administratif et financier.
BTP et grands projets
Stades, ligne à grande vitesse, usines de dessalement : les chantiers de 2030 cherchent des chefs de projet, des conducteurs et des directeurs de travaux. Parmi les annonces du moment figurent un coordinateur études et travaux sur le projet de LGV et un directeur général de projet dans le dessalement.
Tech et fonctions support
Développement, data et cybersécurité recrutent, tout comme la finance et le juridique des groupes internationaux (directeur juridique dans la pharmacie, contract manager, contrôleur de gestion). Ce sont les profils qui entrent le plus facilement dans la liste A2 des métiers rares.
Enseignement
Les établissements français (réseau AEFE, OSUI, écoles privées homologuées) emploient des enseignants dans tout le pays, sous deux statuts : titulaire de l'Éducation nationale détaché ou résident, avec les indemnités qui vont avec, ou recrutement en contrat local, nettement moins payé. Notre guide pour scolariser ses enfants à Marrakech liste les établissements de la ville.
Côté langue, le français est la langue de travail habituelle en entreprise, l'anglais devient indispensable dans un groupe international, et la darija aide dès qu'on est au contact du public.
Où chercher : sites d'emploi, cabinets, réseau, candidature spontanée

Les sites d'emploi
Côté français, France Travail publie une page d'offres au Maroc et propose des conseillers en mobilité internationale. Son réseau européen EURES ne couvre pas le Maroc. L'Apec filtre les offres de cadres. Côté marocain, Rekrute, Emploi.ma et Indeed Maroc rassemblent l'essentiel des annonces. La grande majorité vise des candidats marocains : une annonce qui mentionne une expérience en Europe, une langue rare ou un poste de direction a plus de chances d'aboutir à un contrat visé.
Les cabinets de recrutement
Pour les postes de cadres et de direction, les cabinets comme Michael Page travaillent pour les multinationales implantées au Maroc et cherchent des profils bilingues (français et anglais ou arabe).
Le réseau
La Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc (CFCIM), fondée en 1913, réunit environ 3 800 entreprises et diffuse ses offres sur Rekrute. Les associations de Français (Français du Monde-ADFE, les accueils du réseau FIAFE) et LinkedIn font le reste. Dites clairement que vous cherchez un poste : un poste de cadre circule souvent de bouche à oreille avant d'être publié.
La candidature spontanée
Elle fonctionne si vous levez l'objection administrative avant qu'on vous la fasse. Un recruteur sait qu'embaucher un étranger lui coûtera 5 000 MAD et plusieurs semaines de démarches : montrez ce que vous apportez qu'un candidat local n'apporte pas, et signalez si votre métier relève de la liste A2. Si vous avez 18 à 28 ans, le VIE de Business France reste une porte d'entrée : le volontaire dépend d'un organisme français, pas d'un contrat local.
Les salaires réels par profil
Le plancher est le SMIG, à 17,92 MAD de l'heure depuis le 1er janvier 2026, soit 3 422,72 MAD brut par mois (environ 310 €). Les moyennes nationales sont sur notre page salaire moyen au Maroc et celles de la ville sur salaire moyen à Marrakech. Voici plutôt ce que paient les postes ouverts aux Français, en contrat local :
| Métier | Brut mensuel (MAD) | En euros |
|---|---|---|
| Conseiller relation client francophone (offshoring) | 6 000 à 10 000 | 550 à 910 € |
| Développeur, de junior à senior | 7 000 à 35 000 | 640 à 3 190 € |
| Data, cybersécurité | 15 000 à 55 000 | 1 370 à 5 020 € |
| Contrôleur de gestion | 8 000 à 30 000 | 730 à 2 740 € |
| Directeur administratif et financier | 35 000 à 100 000 | 3 190 à 9 120 € |
| Responsable logistique | 12 000 à 25 000 | 1 090 à 2 280 € |
| Conducteur de travaux confirmé (BTP) | 10 000 à 18 000 | 910 à 1 640 € |
| Directeur de travaux (BTP) | 25 000 à 60 000 | 2 280 à 5 470 € |
| Chef de cuisine, hôtel 4 étoiles | 18 000 à 28 000 | 1 640 à 2 550 € |
| Directeur de riad ou d'hôtel 3 étoiles | 25 000 à 40 000 | 2 280 à 3 650 € |
| Directeur d'hôtel 4 étoiles | 45 000 à 70 000 | 4 100 à 6 380 € |
| Enseignant, lycée français ou international (contrat local) | 12 000 à 25 000 | 1 090 à 2 280 € |
Fourchettes de marché publiées en 2026 par des sites RH marocains, converties au taux du jour (1 € = 10,97 MAD). Elles ne viennent pas d'une enquête auprès d'expatriés : recoupez-les avec une offre réelle.
Deux correctifs changent la lecture du tableau. Casablanca paie 10 à 20 % de plus que les autres villes, Marrakech comprise. Et un profil qui a travaillé 5 à 10 ans en Europe négocie généralement 15 à 30 % au-dessus du marché local.
Contrat local, détachement ou télétravail : ce qui change
| Contrat local | Détachement | Télétravail pour la France | |
|---|---|---|---|
| Salaire | Grille marocaine, en dirhams | Salaire français + prime d'expatriation de 10 à 30 % | Salaire français |
| Protection sociale | CNSS et AMO | Sécurité sociale française, 3 ans renouvelables une fois | À organiser, sinon trou ou double cotisation |
| Impôt sur le salaire | Maroc, retenu à la source | Maroc en principe au-delà de 183 jours | Selon votre résidence fiscale |
| Avantages | Rares | Logement, voiture, scolarité, billets annuels, mutuelle | Aucun |
| Démarches | ANAPEC, TAECHIR, carte de séjour | Certificat SE 350-01, visa du contrat, carte de séjour | Accord de l'employeur, carte de séjour |
Exemple : un salaire de 15 000 MAD brut
Sur un contrat local à 15 000 MAD brut (environ 1 370 €), la part salariale CNSS et AMO s'élève à 607,80 MAD : 268,80 MAD de prestations sociales, calculées sur le plafond de 6 000 MAD, et 339 MAD d'AMO sur la totalité du salaire. Il reste 14 392,20 MAD avant l'impôt sur le revenu, prélevé à la source. L'employeur paie de son côté 2 355,30 MAD, soit un coût total d'environ 17 355 MAD. Calcul indicatif sur les taux 2026, hors mutuelle et avantages.
Rester salarié d'une entreprise française : détachement, portage, télétravail
C'est la recherche la plus fréquente : travailler au Maroc pour une entreprise française, avec un salaire européen. Trois montages existent, et ils n'offrent pas la même sécurité.
Le détachement
La convention de sécurité sociale France-Maroc du 22 octobre 2007, en vigueur depuis le 1er juin 2011, permet à un salarié envoyé en mission de rester affilié en France pendant 3 ans, congés compris (article 5). Une seconde période de 3 ans est possible avec l'accord des autorités marocaines, à demander avant la fin de la première. L'employeur obtient le certificat SE 350-01 auprès de l'Urssaf (service mobilité internationale) ou de la MSA. Le détachement suppose une mission temporaire et un lien maintenu avec l'entreprise française : ce n'est pas un moyen de s'installer au Maroc pour de bon.
Pour l'impôt, la convention fiscale du 29 mai 1970 (article 15) rend les salaires imposables là où le travail s'exerce, sauf séjour de 183 jours au plus dans l'année avec un salaire payé par un employeur non établi au Maroc. Un détaché qui passe l'année à Casablanca devient donc en principe imposable au Maroc. Au-delà de 6 ans, ou dès le départ si l'employeur signe un contrat d'expatrié, vous relevez de la CNSS et pouvez compléter avec la Caisse des Français de l'étranger.
Le portage salarial
Des sociétés de portage françaises proposent un CDI pour facturer des clients français tout en vivant au Maroc. Le montage est commercialement rodé, mais le portage n'existe pas en droit marocain et la question de votre affiliation sociale une fois résident au Maroc n'est pas tranchée par les brochures. Faites valider votre cas par un expert-comptable ou un avocat en droit social avant de signer.
Le télétravail depuis Marrakech

Le Code du travail marocain ne contient aucune règle propre au télétravail. Un projet de réforme a été annoncé en 2026, mais il concerne les salariés d'employeurs marocains, pas un Français payé par une entreprise française. Sans cadre dédié, trois questions restent à votre charge :
- La protection sociale. Le principe est l'affiliation dans le pays où l'on travaille physiquement. Sans certificat de détachement, vous risquez une double cotisation ou, plus souvent, un trou de couverture.
- L'impôt. Passé 183 jours par an au Maroc, vous devenez en principe résident fiscal marocain, et vos salaires aussi imposables au Maroc.
- L'employeur. Un salarié qui travaille durablement depuis le Maroc peut créer un établissement stable, avec des obligations fiscales et sociales locales. D'où les refus fréquents des employeurs.
Obtenez l'accord écrit de votre employeur. Et le séjour touristique de 90 jours n'est pas un cadre de travail : pour vivre à Marrakech, il faut une carte de séjour, dont le déroulé figure dans notre guide pour s'installer au Maroc.
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Contrat local sans mutuelle, télétravail sans détachement : une assurance santé internationale couvre le trou le temps de régler votre affiliation.
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- Frais médicaux jusqu'à 250 000 $
- Plus de 180 pays, souscription possible une fois parti
- Abonnement résiliable toutes les 4 semaines
- Hors maladies préexistantes
Liens partenaires. Prix et garanties relevés sur le site de l'assureur en septembre 2026, à confirmer sur devis. Ce n'est pas un conseil en assurance : vérifiez les plafonds et les exclusions avant de souscrire.
Liens partenaires : si vous souscrivez ou ouvrez un compte via ces liens, nous percevons une commission, sans surcoût pour vous.
Droit du travail marocain en 10 points
Un contrat local vous place sous le Code du travail marocain (loi 65-99). Ce qui change le plus pour un salarié habitué au droit français :
- 44 heures par semaine. La durée légale est de 2 288 heures par an dans les activités non agricoles, avec 10 heures par jour au maximum (article 184).
- Un jour de repos hebdomadaire, pas deux.
- 18 jours de congés par an. Le congé payé est de 1,5 jour par mois de service, acquis après 6 mois continus (article 231), plus 1,5 jour par tranche de 5 ans d'ancienneté (article 232).
- Un préavis selon la catégorie (décret 2-04-469 du 29 décembre 2004) :
Ancienneté Cadres et assimilés Employés et ouvriers Moins d'un an 1 mois 8 jours 1 à 5 ans 2 mois 1 mois Plus de 5 ans 3 mois 2 mois - Une indemnité de licenciement comptée en heures (article 53) : 96 heures de salaire par année pour les 5 premières années, 144 heures de la 6e à la 10e, 192 heures de la 11e à la 15e, 240 heures au-delà. Pour un salaire de 20 000 MAD et 7 ans d'ancienneté, cela donne 768 heures, soit environ 80 400 MAD (7 330 €), calcul indicatif sur une base de 191 heures par mois.
- CNSS et AMO obligatoires. Le salarié cotise 6,74 % (0,52 % et 3,96 % sur la part du salaire plafonnée à 6 000 MAD, 2,26 % d'AMO sur la totalité), l'employeur 21,09 % avec la taxe de formation professionnelle.
- Un salaire minimum bas. Le SMIG est de 3 422,72 MAD brut par mois en 2026.
- Un contrat au modèle officiel. CDI, CDD ou intérim, le contrat d'étranger suit le modèle de l'arrêté 350-05, et chaque modification (poste, salaire) repasse par le visa.
- La fin du visa n'est pas une fin de contrat. Un CDI reste un CDI : préavis et indemnité s'appliquent, même si l'employeur ne renouvelle pas le visa.
- L'impôt retenu à la source. L'employeur prélève l'impôt sur le revenu chaque mois, selon un barème qui va de 0 % jusqu'à 40 000 MAD par an à 37 % au-delà de 180 000 MAD.
Et si on se met à son compte ?
Une autre voie évite le contrat visé : créer sa propre activité. Le statut d'auto-entrepreneur est ouvert aux étrangers titulaires d'une carte de séjour, avec un impôt calculé sur le chiffre d'affaires : plafonds, CNSS et inscription sont détaillés sur notre page auto-entrepreneur au Maroc. Pour une activité plus lourde (riad, restaurant, agence), la SARL à associé unique prend le relais.
Pour replacer le travail dans l'ensemble du projet (logement, banque, santé), repartez de notre guide de l'expatriation au Maroc.
Sources et mise à jour. Informations vérifiées le 29 septembre 2026 : Code du travail marocain (loi 65-99, version consolidée, articles 53, 184, 231, 232 et 516 à 521), décret 2-04-469 sur le préavis, Cleiss (convention de sécurité sociale France-Maroc et taux CNSS), BOFiP (convention fiscale de 1970), ANAPEC (frais de l'attestation d'activité), offres France Travail, Apec et Michael Page consultées le même jour. Les salaires sont des fourchettes de marché, pas des grilles officielles.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler au Maroc ?+
Oui, mais avec un contrat de travail d'étranger visé par le ministère de l'Emploi (article 516 du Code du travail). Les Français n'en sont pas dispensés, contrairement aux Algériens, Tunisiens et Sénégalais. C'est l'employeur qui obtient l'attestation ANAPEC puis le visa du contrat sur la plateforme TAECHIR, et le contrat visé permet ensuite de demander la carte de séjour. Les autres voies sont le détachement par une entreprise française et l'activité à son compte.
Peut-on télétravailler depuis le Maroc pour un employeur français ?+
C'est possible avec l'accord écrit de l'employeur, mais aucun texte marocain n'encadre aujourd'hui ce cas. Trois points sont à régler avant de partir : la sécurité sociale (le certificat de détachement SE 350-01 si les conditions sont réunies, sinon un risque de double cotisation ou de trou de couverture), l'impôt (au-delà de 183 jours par an au Maroc, la convention fiscale de 1970 donne en principe l'imposition des salaires au Maroc) et le risque d'établissement stable pour l'employeur. Le séjour touristique de 90 jours n'est pas un cadre de travail : au-delà, il faut une carte de séjour.
Combien coûte l'attestation ANAPEC et qui la paie ?+
C'est l'employeur qui la paie. Le tarif est de 5 000 MAD par dossier quand l'offre doit être publiée, et de 1 500 MAD HT pour les dossiers qui échappent à la publication. Le salarié ne peut pas lancer la démarche seul.
Combien de temps faut-il pour obtenir un contrat de travail visé ?+
Sur le papier, 20 jours ouvrables au plus pour l'attestation ANAPEC et 10 jours pour le visa du ministère, soit environ six semaines. Les postes de direction et les profils rares passent en procédure simplifiée de 48 heures pour l'ANAPEC. En pratique, entre les pièces à réunir et la carte de séjour, les cabinets RH comptent souvent trois à cinq mois avant d'être pleinement en règle.
Quel salaire pour un expatrié français au Maroc ?+
Sur un contrat local, un cadre confirmé gagne en général 12 000 à 25 000 MAD brut par mois, un cadre senior 25 000 à 60 000 MAD. Un profil passé par l'Europe obtient souvent 15 à 30 % de plus que le marché. Le salarié détaché garde son salaire français, avec une prime d'expatriation de 10 à 30 % et des avantages (logement, scolarité, billets).
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